RUPTURE DE LA PAIX DAMIENS.
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de la France ? Il faut un gouvernement central, richement doté, unearmée permanente. Voudriez-vous payer tout cela? le pourriez-vous?Et puis, à coté de la France qui compte cinq cent mille hommes, àcôté de l’Autriche qui en compte trois cent, de la Prusse qui en comptedeux cent, que feriez-vous avec quinze ou vingt mille hommes detroupes permanentes? Vous figuriez avec éclat au quatorzième siècle,contre les ducs de Bourgogne , parce qu’alors tous les États étaientmorcelés, leurs forces disséminées. Aujourd'hui la Bourgogne est unpoint de la France. Il faudrait vous mesurer avec la France ou avecl’Autriche tout entières. Si vous vouliez de cette espèce de grandeur,savez-vous ce qu'il faudrait faire? Il faudrait devenir Français , vous con-fondre avec le grand peuple, participer à ses charges pour participerà ses avantages, et alors vous seriez associés à toutes les chances de sahaute fortune. Mais vous ne le voudriez pas ; je ne le veux pas non plus.L’intérêt de l’Europe commande des résolutions différentes. Vous avezvotre grandeur à vous, et qui en vaut bien une autre. Vous devez êtreun peuple neutre, dont tout le monde respecte la neutralité, parcequ’il oblige tout le monde à la respecter. Etre chez soi, libres, invin-cibles, respectés, c’est une assez noble manière d’ètre. Pour celle-là, lerégime fédératif vaut mieux. Il a moins de cette unité qui ose, mais ila plus de cette inertie qui résiste. Il n’est pas vaincu en un jour commeun gouvernement central ; car il réside partout, dans chaque partiede la confédération. De même les milices valent mieux pour vousqu'une armée permanente. Vous devez être tous soldats le jour où lesAlpes sont menacées. Alors, l'armée permanente, c’est le peupleentier, et, dans vos montagnes, vos chasseurs intrépides sont une foreerespectable par les sentiments et par le nombre. Vous ne devez avoirde soldats payés et permanents que ceux qui vont chez vos voisins,pour y apprendre l'art militaire, et en rapporter les traditions chezvous. Une confédération qui laisse à chacun son indépendance native,la diversité de ses mœurs et de son sol, qui soit invincible dans sesmontagnes, voilà votre véritable grandeur morale. Si je n'étais paspour la Suisse un ami sincère, si je songeais à la tenir dans ma dépen-dance, je voudrais un gouvernement central qui fût réuni tout entierquelque part. A celui-là je dirais : « Faites ceci, faites cela, ou bien je» passe la frontière dans vingt-quatre heures. » Un gouvernementfédératif, au contraire, se sauve par l’impossibilité même de répondrepromptement ; il se sauve par sa lenteur. En gagnant deux mois de
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