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RUPTURE DE LA PAIX DAMIENS.
de Tunis en Égypte, pour s’assurer si les Anglais étaient prêts ou non èquitter Alexandrie , pour observer ce qui se passait entre les mameluks,et les Turcs,pour rétablir la protection française sur les chrétiens,et porterau général Brune, notre ambassadeur à Constantinople , une nouvelleconfirmation de ses premières instructions. Le colonel avait parfaite-ment rempli sa mission; il avait trouvé les Anglais établis dansAlexandrie , et ne paraissant pas disposés à en sortir, les Turcs enguerre acharnée avec les mameluks, les Français vivement regrettésdepuis qu'on avait pu comparer leur gouvernement avec celui desTurcs , et l'Orient retentissant encore du nom du général Bonaparte.Il avait mentionné tout cela ; il avait même ajouté que dans la situa-tion de l’Égypte , placée entre les Turcs et les mameluks, il suffiraitd’un corps de six mille Français pour la reconquérir. Ce rapport,quoique mesuré, ne pouvait être publié sans inconvénient, parce qu’ilavait été écrit pour le gouvernement seul, et qu’on y disait beaucoupde choses qui n’étaient bonnes à dire qu’à lui. Par exemple, le colonelSébastiani s’y plaignait amèrement du général anglais Stuart, qui oc-cupait Alexandrie , et qui, par ses propos, avait failli le faire assassinerau Caire. Dans son ensemble, le rapport prouvait que les Anglais nesongeaient pas encore à évacuer l'Égypte . C’est ce qui décida le premierconsul à le faire insérer au Moniteur. Il trouvait qu’on prenait degrandes libertés, relativement à l’exécution du traité d’Amiens ; et,quoiqu’il n’eùt pas encore voulu se montrer pressant au sujet de Malteet d’Alexandrie, cependant il n’était pas fâché de mettre les Anglais publiquement en demeure, en faisant connaître un document, qui prou-vait leur lenteur à remplir leurs engagements, et le mauvais vouloirde leurs officiers envers les nôtres. Ce rapport fut inséré dans le Mo-niteur du 30 janvier. Peu remarqué en France , il produisit en Angle-terre une sensation aussi vive qu’imprévue. L’expédition d’Égypte avaitlaissé chez les Anglais une extrême susceptibilité pour tout ce qui tou-chait à cette contrée ; et ils croyaient toujours voir une armée française prête à s’embarquer à Toulon pour Alexandrie . Le récit d’un officier,exposant l’état misérable des Turcs en Égypte , la facilité de les enchasser, la vivacité des souvenirs laissés par les Français , et se plai-gnant surtout des mauvais procédés d’un officier britannique, les alarma,les blessa, les fit sortir du calme dans lequel ils commençaient à ren-trer. Cependant, cet effet n’cùt été que passager, si les partis ne sefussent attachés à l’aggraver. MM. Windham, Dundas, Grenville se