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LIVRE XVI.

celte adjonction ne change en rien mon pouvoir suiTItalic, qui est absolu,que je veux tel,et qui restera tel. Quant à la Suisse , vous étiez bien con-vaincus que je n'y souffrirais pas une contre-révolution. Maistoutes cesallégations ne peuvent être prises au sérieux. Mon pouvoir sur l'Europe ,depuis le traité d’Amiens , n’est ni moindre ni plus grand qu'il n'était.Je vous aurais appelés à le partager dans les affaires d’Allemagne , sivous m’aviez montré d’autres sentiments. Vous savez très-bien quedans tout ce que j'ai fait, j'ai voulu compléter l’exécution des traités,et assurer la paix générale. Maintenant, regardez , cherchez : y a-t-ilquelque part un État que je menace, ou que je veuille envahir ?Aucun, vous le savez ; du moins tant que la paix sera maintenue. Ceque vous dites du rapport du colonel Sébastiani , n’est pas digne desrelations de deux grandes nations. Si vous avez des ombrages au sujetde mes vues sur l’Égypte , milord, je vais essayer de vous rassurer.Oui, j’ai beaucoup pensé à l’Égypte , et j’y penserai encore, si vousm’obligez à recommencer la guerre. Mais je ne compromettrai pas lapaix dont nous jouissons depuis si peu de temps, pour reconquérircette contrée. L’empire turc menace ruine. Pour moi, je contribueraià le faire durer autant qu’il sera possible; mais s’il s’écroule, je veuxque la France en ait sa part. Néanmoins, soyez-en sùr, je ne précipi-terai pas les événements. Si je l’avais voulu, avec les nombreux arme-ments que j’expédiais à Saint-Domingue , je pouvais en diriger un surAlexandrie . Les quatre mille hommes que vous avez là n’étaient paspour moi un obstacle. Ils auraient été, au contraire, mon excuse. J’au-rais envahi l’Égypte à l’improviste, et, cette fois, vous ne me l’auriezplus arrachée. Mais je ne pense à rien de pareil. Croyez-vous, ajoutale premier consul, que je m’abuse à legard du pouvoir que j’exerceaujourd'hui sur l’opinion de la France et de l’Europe ? Non, ce pou-voir n’est pas assez grand pour me permettre impunément une agres-sion non motivée. L’opinion de l'Europe se tournerait à l’instant contremoi ; mon ascendant politique serait perdu ; et quant à la France , j’aibesoin de lui prouver qu’on m’a fait la guerre, que je ne l’ai point pro-voquée, pour obtenir d'elle l’élan, l’enthousiasme, que je veux excitercontre vous, si vous m’amenez à combattre. Il faut que vous ayez tousles torts, et que je n’en aie pas un seul. Je ne médite donc aucuneagression. Tout ce que j’avais à faire en Allemagne et en Italie , estfait; et je n’ai rien fait que je n’eusse annoncé, avoué ou consignéd’avance dans un traité. Maintenant, si vous doutez de mon désir de