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LIVRE XVII.

rition «le troupes anglaises sur le continent ne lui aurait procuré qu'undésastre semblable à celui du Ilelder en 1799. La France , de soncôté, pouvait, ou par force ou par influence, interdire à l’Angleterreles abords du littoral européen, depuis Copenhague jusqu’à Venise ; laréduire à ne toucher qu’aux rivages de la Baltique, pour faire des-cendre, des hauteurs du pôle, les denrées coloniales dont elle devenaitpendant la guerre l’unique dépositaire. Mais dans celle lutte «le deuxgrandes puissances, qui dominaient chacune sur l’un des deux élé-ments, sans avoir le moyen d’en sortir pour se joindre, il était àcraindre qu’elles ne fussent réduites à se menacer sans se frapper, etque le monde, foulé par elles, ne finît par se révolter contre l’une oucontre l’autre, afin de se soustraire aux suites de cette affreuse querelle.Dans une pareille situation, le succès devait appartenir à celle quisaurait sortir de l’élément où elle régnait, pour atteindre sa rivale, etsi cet effort devenait impossible, à celle qui saurait rendre sa causeassez populaire dans l’univers pour le mettre «1e son parti. S’attacherles nations était difficile à toutes deux ; car l’Angleterre, pour s’arrogerle monopole du commerce, était réduite à tourmenter les neutres, etla France , pour fermer le continent au commerce de l’Angleterre, étaitréduite à violenter toutes les puissances de l’Europe . 11 fallait donc, sion voulait vaincre l’Angleterre, résoudre l’un de ces problèmes : oufranchir l’Océan et marcher sur Londres , ou «lominer le continent, etl’obliger, soit par la force, soit par la politique, à refuser tous les pro-duits britannupies ; réaliser, en un mot, la descente, ou le blocus con-tinental. On verra, dans le cours de cette histoire, par «pielle suited’événements Napoléon fut successivement amené de la première deces entreprises à la seconde, par quel enchaînement de prodiges il ap-procha d’abord du but, presque jusqu’à l’atteindre ; par quelle com-binaison de fautes et de malheurs il s’en éloigna ensuite, et finit parsuccomber. Heureusement, avant d’en arriver à ce terme déplorable,la France a fait de telles choses, qu’une nation à qui la Providence apermis de les accomplir reste éternellement glorieuse, et peut-être laplus grande des nations.

Ce sont là les proportions que devait prendre inévitablement cetteguerre entre la France et la Grande-Bretagne. Elle avait été, de 1792à 1801, la lutte du principe démocratique contre le principe aristo-cratique ; sans cesser d’avoir ce caractère, elle allait devenir, sous Napo-léon , la lutte d’un élément contre un autre élément, avec bien plus