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CAMP DE BOULOGNE.

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de difficulté pour nous que pour les Anglais ; car le continent entier,par haine de la révolution française , par jalousie de notre puissance,devait haïr la France beaucoup plus que les neutres ne détestaientl'Angleterre.

Avec son regard perçant, le premier consul aperçut bientôt la portéede celte guerre, et il prit sa résolution sans hésiter. Il forma le projetde franchir le détroit de Calais avec une armée, et de terminer dansLondres même la rivalité des deux nations. On va le voir pendant troisannées consécutives, appliquant toutes scs facultés à celte prodigieuseentreprise, et demeurant calme, confiant, heureux même, tant il étaitplein d’espérance, en présence d’une tentative qui devait le conduire,ou à être le maître absolu du monde, ou à s’engloutir, lui, son armée,sa gloire, au fond de l’Océan.

On dira peut-être que Louis XIV et Louis XVI n'avaient pas étéréduits à de telles extrémités pour combattre l’Angleterre, et que denombreuses flottes se disputant les plaines de l'Océan y avaient suffi.Mais nous répondrons qu’aux dix-septième et dix-huitième siècles,l'Angleterre n’avait pas encore, en s’emparant du commerce universel,acquis la plus grande population maritime du globe, et que les moyensdes deux marines étaient beaucoup moins inégaux. Le premier consulétait décidé à faire d'immenses efforts pour relever la marine française ;mais il doutait beaucoup du succès, bien qu'il possèdent une vasteétendue de rivages, bien qu’il eût à sa disposition les ports et leschantiers de la Hollande, de la Belgique, de l’ancienne France et del’Italie. Nous ne citons pas ceux de l’Espagne , alors trop indignementgouvernée pour être une alliée utile. Il n’avait guère, en comptanttoutes ses forces navales actuellement réunies en Europe , plus de cin-quante vaisseaux de ligne à mettre en mer dans le courant de l’année.Il pouvait s’en procurer quatre ou cinq en Hollande, vingt ou vingt-deux à Brest, deux à Lorient, six à La Rochelle, cinq en relâche à LaCorogne, un à Cadix, dix ou douze à Toulon , total, cinquante en-viron avec les bois dont son vaste empire était couvert, et qui ar-rivaient, en descendant les fleuves, aux chantiers de la Hollande, desPays-Bas et de l’Italie , il pouvait construire cinquante autres vaisseauxde ligne, et faire porter par cent vaisseaux son glorieux pavillon tri-colore. Mais il fallait plus de cent mille matelots pour les armer, et ilen possédait à peine soixante mille.L’Angleterre allait avoir soixanteet quinze vaisseaux de ligne tout prêts à prendre ia mer; il lui étaitIV. Il