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LIVRE XVII.

motifs que nous ferons connaître plus tard. Il commença d'abord parformer des parcs d'artillerie sur ces six points de rassemblement, pré-caution qu'il prenait ordinairement avant toute autre, disant que c’étaittoujours ce qu’il y avait de plus difficile à organiser. Il dirigea ensuitesur chacun de ces camps un nombre suffisant de demi-brigades d’in-fanterie, pour les porter à 25,000 hommes au moins. La cavalerie futacheminée plus lentement, et. en proportion moindre que de cou-tume , parce que, dans l'hypothèse d'un embarquement, on ne pouvaittransporter que très-peu de chevaux. Il fallait que la qualité et la quan-tité de l’infanterie, l'excellence de l’artillerie, et le nombre des bouchesà feu, pussent compenser, dans une telle armée, l’infériorité numé-rique de la cavalerie. Sous ce double rapport, l'infanterie et l’artilleriefrançaises réunissaient toutes les conditions désirables. Le premierconsul eut soin de rassembler sur les côtes, et de former en quatregrandes divisions, toute l’arme des dragons. Les soldats de cette arme,sachant servir à cheval et à pied, devaient être embarqués seulementavec leurs selles, et être utiles comme fantassins, en attendant qu’ilspussent le devenir comme cavaliers, lorsqu'on les aurait montés avecles chevaux enlevés à l’ennemi.

Toutes les dispositions furent ordonnées pour armer et atteler 400bouches à feu de campagne, indépendammentd’un vaste paredesiége.Les demi-brigades, qui étaient alors à trois bataillons, durent fournirdeux bataiüons de guerre, chacun de 800 hommes, en prenant dansle troisième bataillon de quoi complétcrles deux premiers. Le troisièmebataillon fut laissé au dépôt, pour recevoir les conscrits, les instruireet les discipliner. Néanmoins, une certaine quantité de ces conscrits futenvoyée immédiatement aux bataillons de guerre, pour qu’aux vieuxsoldats de la république fussent mêlés, dans une proportion suffisante,dejeunes soldats, bien choisis, ayant la vivacité, l’ardeur et la docilitéde la jeunesse.

La conscription avait été définitivement introduite dans notre légis-lation militaire, et régularisée sous le directoire, sur la proposition dugénéral Jourdan. Cependant la loi qui l’établissait présentait encorequelques lacunes, qui avaient été remplies par une nouvelle loi du26 avril 1803- Le contingent avait été fixé à 60,000 hommes par an,levés à l’âge de vingt ans. Ce contingent était divisé en deux parts,de 30.000 hommes chacune. La première devait toujours être levée entemps de paix : la seconde formait la réserve, et pouvait cire appelée,