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CAMP DE BOULOGNE.

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en cas de guerre, à compléter les bataillons. On était à la moitié del’an XI (juin 1803); on demanda le droit de lever le contingent desannées XI et XII, sans toucher à la réserve de ces deux années. C’é-taient 60,000 conscrits à prendre tout de suite. Eu les appelant ainsià l’avance, on se donnait le temps de les instruire et de les accoutumerau service militaire, dans les camps formés sur les côtes. On pouvaitenfin recourir, s'il devenait nécessaire, à la réserve de ces deuxannées,ce qui présentait encore 60,000 hommes disponibles, mais dont oncomptait ne se servir qu’en cas de guerre continentale. Trente millehommes seulement demandés à chaque classe étaient un faible sacrifice,qui ne pouvait guère fatiguer une population composée de cent neufdépartements. De plus, il restait à prendre une partie des contingentsdes années VIII, IX et X, qui n’avait point été appelée, grâce à la paixdont on avait joui sous le consulat. Un arriéré en hommes est aussidifficile à recouvrer qu’un arriéré en impôts. Le premier consul fit, àce sujet, une sorte de liquidation. Il demanda, sur ces contingentsarriérés, une certaine quantité d'hommes, choisisparmi les plus robusteset les plus disponibles; il en exempta un nombre plus grand sur le lit-toral que dans l'intérieur, en imposant à ceux qui n’étaient pas appelésun service de garde-côtes. De la sorte , il pourvut encore l’armée d unecinquantaine de mille hommes, plus âgés, plus forts que les conscritsdes années XI et XII. L’armée fut ainsi portée à 480,000 hommes,répandus dans les colonies, le Hanovre, la Hollande, la Suisse, l'Italie et la France . Sur cet effectif, 100,000 environ, employés à garderl'Italie, la Hollande, le Hanovre et les colonies, notaient pas à la chargedu trésor français. Des subsides en argent ou des vivres fournis sur leslieux couvraient la dépense de leur entretien. Trois cent quatre-vingtmille étaient entièrement payés par la France , et tout à fait à sa dispo-sition. En défalquant deces380,000 hommespourles non-valeursordi-naircs, c’cst-à-direpour les soldatsmalades, momentanément absents, enroute, etc.,40,000 pour gendarmes, vétérans, invalides,disciplinaires,on pouvait compter sur 300,000 hommes disponibles, aguerris, etcapables d’entrer immédiatement en campagne. Si on en destinait150,000 à combattre l'Angleterre, il en restait 150,000, dont70,000,formant les dépôts, suffisaient à la garde de l’intérieur, et 80,000pouvaient accourir sur le Rhin , en cas d’inquiétudes du côté du con-tinent. Ce n’est pas sur le nombre qu’il faudrait juger une telle armée.Ces 300,000 hommes, presque tous éprouvés, rompus aux fatigues et