CAMP DE BOULOGNE.
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nous serons insuffisants et battus. » Le premier consui en avait doncconclu que la Hollande et l’Espagne devaient l’aider ; et on peut direen toute vérité qu’en les forçant à concourir à ses desseins, il les obli-geait seulement à être prévoyantes dans leur propre intérêt. Quoi qu’ilen soit, pour faire entendre ce langage de la raison, il avait à l’égardde la Hollande la force, puisque nos troupes occupaient Flessingue et Utrcclit, et, à l’égard de l’Espagne , le traité d’alliance de Saint-Ilde-plionse.
Du reste, à Amsterdam , tous les esprits éclairés et vraiment pa-triotes, M. de Schimmclpenninck en tête, pensaient comme le premierconsul. On n’eut donc pas de peine à se mettre d’accord, et il fut con-venu que la Hollande nous aiderait de la manière suivante. Elle s’en-gageait à nourrir et à solder un corps de 18,000 Français et de16,000 Hollandais, en tout 34,000 hommes. A cette force de terreelle promettait de joindre une force navale, composée d’une escadre deligne et d'une flottille de bateaux plats. L’escadre de ligne devait con-sister en 5 vaisseaux de haut bord, 5 frégates, et les bâtiments néces-saires pour transpoter 25,000 hommes et 2,500 chevaux du Texel auxcôtes d’Angleterre. La flottille devait être composée de 350 bateauxplats de toute dimension, et être propre à transporter 37,000 hommeset 1,500 chevaux des bouches de l’Escaut à celles de la Tamise . Enretour, la France garantissait à la Hollande son indépendance, l’inté-grité de son territoire européen et colonial, et, en cas de succès contrel’Angleterre, la restitution des colonies perdues dans les dernièresguerres. Le secours obtenu au moyen de cet arrangement était consi-dérable, sous le rapport des hommes et de l’argent, car 18,000 Fran-çais cessaient de peser dès cet instant sur le trésor de France ,16,000 Hollandais allaient grossir notre armée, et enfin des moyensd transport pour 62,000 hommes et 4,000 chevaux devaient êtreajoutés à nos ressources navales. Il serait difficile de dire toutefois pourquelle somme un tel secours pouvait figurer dans le budget extraordi-naire du premier consul.
Restait à obtenir le concours de l’Espagne . Cette puissance étaitencore moins disposée à se dévouer à la cause commune que la Hol-lande elle-même. On l’a déjà vue, sous l’influence capricieuse du princede La Paix, flotter misérablement entre les directions les plus con-traires, tantôt pencher vers la France afin d’en obtenir un établisse-ment en Italie , tantôt vers l'Angleterre pour s’affranchir des efforts que