CA3IP DE BOULOGNE.
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giand compte de la demande si souvent réitérée d’une indemnité pourle roi de Piémont ; de plus, en accordant une influence appareille à laRussie dans les affaires germaniques, elle s’était trop clairement arrogél’influence réelle. Le jeune empereur s’en était aperçu. Fort jaloux,tout jeune qu'il était, de faire parler de lui, il commençait à voir avecune sorte de déplaisir la gloire du grand homme qui dominait l'Occi-dent. La disposition de la cour de Russie était donc un mécontente-ment général contre tout le monde. L’empereur, délibérant avec sesministres et ses amis, décida qu’on offrirait la médiation delà Russie ,invoquée assez ouvertement par la France ; qu’on essayerait par là deprévenir un embrasement universel ; qu’en même temps on dirait lavérité à tous; qu’on ne dissimulerait pas à l’Angleterre combien sespiétentions sur Malle étaient peu légitimes, et qu’on ferait sentir aupremier consul la nécessité de s’acquitter enfin envers le roi de Pié-mont , et de ménager pendant celte guerre les petites puissances quicomposaient la clientèle de la cour de Russie .
En conséquence, par l’organe de M. de Woronzoff parlant au géné-ral Ilédouville, par l’organe de M. de Markoff parlant à M. de Talley-rand, le cabinet russe exprima son vif déplaisir du nouveau troubleapporté à la paix générale par les ambitions rivales de la France et del’Angleterre. Il reconnut que les prétentions de l’Angleterre sur Malteétaient mal fondées, mais il fit entendre que les entreprises continuellesde la France avaient pu faire naître ces prétentions, sans les justifier;et il ajouta que la France ferait bien de modérer son action en Europe ,si elle ne voulait pas rendre la paix impossible à toutes les puissances.Il offrit la médiation de la Russie , quelque pénible qu’il fût pour ellede se mêler à des différends qui, lui étant étrangers jusqu’ici, finiraientpeut-être, si elle s’en mêlait, par lui devenir personnels. Il conclut endisant que si, malgré sa bonne volonté, ses efforts pour rétablir la paixdemeuraient sans succès, l'empereur espérait que la France ménage-rait les amis de la Russie, spécialement le royaume de Naples , devenuson allié eu 1798, et le royaume de Hanovre , garanti par elle à titred'Etat allemand. Tel fut le sens des communications du cabinet russe.
La jeunesse élevée dans la dissipation est ordinairement légère dansson langage ; la jeunesse élevée d’une manière sérieuse est volontiersdogmatique; car ce qu’il y a de plus difficile à la jeunesse, c’est lamesure. C’est là ce qui explique comment les jeunes gouvernants de
Russie donnaient des leçons aux deux plus puissants gouvernements