CAMP DE BOULOGNE.
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faire égorger jusqu'au dernier. Sou cabinet allégua pour excuse d’uneaussi singulière détermination, que le roi voulait rester étranger à toutce qu’on entreprenait contre ses Etats ; que ratifier cette convention,j c’était adhérer à l’occupation du Hanovre ; que cette occupation étaitune violation du sol germanique, et qu'il en appelait à la diète de laviolence faite à scs sujets ’. C’était la plus étrange façon d’argumen-ter, la moins soutenable sous tous les rapports.
! Quand celte nouvelle arriva en Hanovre , la brave armée que com-mandait le maréchal de Walmoden fut consternée. Elle était rangéederrière l’Elbe , au milieu du pays de Luncbourg, établie dans uneforte position, et résolue à défendre son honneur. De son côté, l’arméefrançaise, qui depuis trois ans n’avait pas tiré un coup de fusil, ne de-mandait, pas mieux que de livrer un combat brillant. Cependant l'avisle plus sage prévalut. Le général Mortier, qui joignait l’humanité à lavaillance, fit ce qu’il put pour adoucir le sort des Hanovriens. Il n’exi-gea pas qu’ils se rendissent prisonniers de guerre : il se contenta deleur licenciement, et convint 1 2 avec eux qu’ils laisseraient leurs armesau camp, et se retireraient dans leurs foyers, en promettant de nôtrejamais ni armés, ni réunis. Le matériel de guerre contenu dans leroyaume, matériel très-considérable, fut livré aux Français . Les reve-j nus du pays durent leur appartenir, ainsi que les propriétés person-! nclles de l’électeur de Hanovre . Au nombre de ces propriétés se
trouvaient les beaux étalons de la race hanovrienne, qui furent envoyésen France . La cavalerie mit pied à terre, et livra 3,500 chevauxsuperbes, qui furent employés à remonter la cavalerie française.
Le général Mortier ne s’empara que d’une manière très-indirecte del’administration du pays, et en laissa la plus grande partie dans lesmains des autorités locales. Le Hanovre , si on ne voulait pas le pres-surer, pouvait parfaitement nourrir 30,000 hommes. Ce fut la forcequ'on projeta d’y faire vivre, et qu’on promit au roi de Prusse de nepar excéder. Il fut demandé à ce monarque, pour éviter les longs dé-tours de la Hollande et de la basse Westphalie , de consentir à l’éta-
1 II y a une seconde version sur ta teneur des motifs allégués par le roi d’An-gleterre. Si celle-ci est exacte, et tout le monde l’a admise comme telle, George III lit répondre que le Hanovre appartenait à un prince de la maison de Brunswick,membre de 1 empire germanique, et non au roi des Anglais ; que parconséquent cedernier n’avait point à se mêler de ce qui se passait dans l’électorat. (F. W.)
2 Celte convention fut signée le S juillet, à Atlenburg, (F. W')