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LIVRE XVII.

d’Osnabruck, récemment adjoint au Hanovre , et du territoire d’Osna-bruck eu Hanovre meme. On pouvait ainsi se dispenser d’emprunterle territoire prussien, ce qui était un ménagement indispensable enversla cour de Prusse. Le premier consul avait recommandé au généralMortier de bien traiter les pays qu’on traverserait, et surtout de semontrer plein d’égards pour les autorités prussiennes, qu’on allait ren-contrer sur toute la frontière du Hanovre . Ce général, sage et probeautant que brave, était parfaitement choisi pour cette mission difficile.Il se mit en marche à travers les sables arides et les bruyères maréca-geuses de la Frise et de la basse Wcstphalic, pénétra par Meppen enHanovre , et arriva en juin 1 sur les bords de la Ilunte. L’armée hano-vrienne occupait Dicpholz. Après quelques rencontres de cavalerie,elle se replia derrière le TVescr. Quoique composée d’excellents sol-dats, elle savait que toute résistance était impossible, et qu’elle neferait qu’attirer des malheurs sur le pays, en s’obstinant à combattre.Elle offrit donc de capituler honorablement, à quoi le général Mortierconsentit volontiers. Il fut convenu 2 à Suhlingen que l’armée hano-vrienne se retirerait avec armes et bagages derrière l’Elbe ; qu elles'engagerait sous parole d’hormeur à ne pas servir dans la présenteguerre, à moins d’échange contre un égal nombre de prisonniers fran-çais ; que l’administration du pays et la perception de ses revenusappartiendraient à la France , sauf le respect dû aux individus, auxpropriétés privées et aux divers cultes.

Cette convention , dite de Suhlingen, fut envoyée au premier con-sul et au roi d’Angleterre, pour recevoir leur double ratification. Lepremier consul se bâta de donner la sienne, ne voulant pas réduirel'armée hanovricnne au désespoir, en lui imposant des conditions plusdures. Lorsqu’on présenta cette même convention au vieux George III ,il fut saisi d’un violent mouvement de colère, et alla, dit-on, jusqu’àla jeter au visage du ministre qui la lui présentait. Ce vieux roi, dansses sombres rêveries, avait toujours considéré le Hanovre comme de-vant être le dernier asile de sa famille, dont il était le berceau. L’in-vasion de ses États patrimoniaux le mit au désespoir; il refusa designer la convention de Suhlingen, exposant ainsi ses soldats hano-vriens à la cruelle alternative, ou de mettre bas les armes, ou de se

1 L'armée française arriva sur les bords de la Hunte dans la soirée du 31 mai1803. (F. TV.)

1 Le 3 juin. (F. TV.)