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CAMP DE BOULOGNE.

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ne connaissait point, de faire, en un mot, un voyage militaire et poli-tique. Madame Bonaparte devait l’accompagner, et partager les honneursqui l’attendaient. Pour la première fois, il avait demandé au ministredu trésor public, qui les avait sous sa garde, les diamants de la couronne,pour en composer des parures à sa femme. Il voulait se montrer auxnouveaux départements et sur les bords mêmes du Rhin , presque ensouverain; car on le regardait comme tel, depuis qu’il était consul àvie, chargé de se choisir un successeur. Ses ministres avaient rendez-vous, les uns à Dunkerque, les autres à Lille, à Gand, à Anvers , àBruxelles. Les ambassadeurs étrangers étaient invites à le visiter dansles mêmes villes Allant se montrer à des peuples d’un catholicismefervent, il avait jugé convenable de paraître au milieu d’eux accompagnédu légat du pape. Sur la simple expression de ce désir, le cardinalCaprara, malgré son grand âge et ses infirmités, sciait décidé, aprèsen avoir obtenu la permission du pape, à grossir le cortège consulairedans les Pays-Bas. Des ordres avaient été aussitôt donnés pour faire àce prince de 1 Église un accueil magnifique.

Le premier consul partit le 23 juin. Il visita d’abord Compiègne , oùl’on construisait sur les bords de l'Oise; Amiens, Abbeville , Saint-Valéry, où l’on construisait sur les bords de la Somme . Il fut accueilliavec transport, et reçu avec des honneurs tout à fait royaux. La villed’Amiens lui offrit, selon un ancien usage,quatre cignes d’une éclatanteblancheur, qui furent envoyés au jardin des Tuileries . Partout sa pré-sence faisait éclater le dévouement pour sa personne, la haine pour lesAngl ais, le zèle à combattre et à vaincre ces anciens ennemis de laFrance . Il écoutait les autorités, les habitants, avec une extrême bonté;mais son attention était évidemment tout entière au grand objet-quil’occupait dans le moment. Les chantiers, les magasins, les approvi-sionnements de toute espèce, attiraient exclusivement son ardente sol-licitude. Il visitait les troupes qui commençaient à s’agglomérer vers laPicardie, inspectait leur équipement, caressait les vieux soldats dont levisage lui était connu, et les laissait pleins de confiance tians sa vasteentreprise.

A peine avait-il achevé ces visites, qu’il rentrait, et, quoique accabléde fatigue, dictait une multitude d’ordres, qui existent encore, pourl’éternelle instruction des gouvernements chargés de grands prépara-tifs. Ici, le trésor avait différé des envois de fonds aux entrepreneurslà, le ministre de la marine avait négligé de faire arriver des matières

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