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LIVRE XVII.

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Indépendamment de ces trois points avancés dans la mer, et placésparallèlement à la côte de Boulogne , le premier consul fit hérisser decanons et de mortiers toutes les parties un peu saillantes de la falaise,et ne laissa pas un point capable de porter de l'artillerie, sans l’armeravec des bouches à feu du plus gros calibre. Des précautions moindres,mais suffisantes encore, furent prises pour Étaples , et pour les nou-veaux ports qu’on s’occupait à creuser.

Tels furent les vastes projets définitivement arretés par le premierconsul, à la vue des lieux, et avec le concours des ingénieurs et desofficiers de la marine. La construction de la flottille avançait rapide-ment, depuis les côtes de Bretagne jusqu'à celles de Hollande ; mais,avant d’en opérer la réunion devant Ambleteuse, Boulogne et Étaples ,il fallait avoir achevé le creusement des bassins, l’ércction des forts,amené sur la côte le matériel d’artillerie, concentré les troupes vers lamer, cl créé les établissements nécessaires à leurs besoins. On comptaitsur l’achèvement de tous ces ouvrages pour l’hiver.

Le premier consul, après Boulogne, visita Calais, Dunkerque ,Ostende et Anvers . Il tenait à voir ce dernier port et à s’assurer parses propres yeux de ce qu’il y avait de vrai dans les rapports très-diversqu’on lui avait adressés. Après avoir examiné l’emplacement de cetteville avec cette promptitude et cette sûreté de coup d’œil qui n appar-tenaient qu’à lui, il n’eut aucun doute sur la possibilité de faire d’An-vers un grand arsenal maritime. Anvers avait, à ses yeux, des pro-priétés toutes particulières : il était situé sur l’Escaut, vis-à-vis de laTamise ; il était en communication immédiate avec la Hollande, parla plus belle des navigations intérieures, et par conséquent à portéedu plus riche dépôt de matières navales. Il pouvait recevoir sans diffi-culté, parle Rhin et la Meuse, les bois des Alpes, des Vosges, -de laforêt Noire, de la Weltéravie, des Ardennes . Enfin, les ouvriers desFlandres , naturellement attirés par le voisinage , devaient y offrir desmilliers de bras pour la construction des vaisseaux. Le premier consulrésolut donc de créer à Anvers une flotte dont le pavillon flotterait tou-jours entre l’Escaut et la Tamise . C’était l’un des plus sensibles dé-plaisirs qu’il pût causer à ses ennemis, désormais irréconciliables,c’est-à-dire aux Anglais . Il fit occuper sur-le-champ les terrains né-cessaires à la construction de vastes bassins, qui existent encore et quisont l’orgueil de la ville d’Anvers . Ces bassins, communiquant par uneécluse de la plus grande dimension avec l’Escaut, devaient être ca-