CAMP DE BOULOGNE.
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pablcs de contenir toute une flotte de guerre, et rester toujours pourvusde trente pieds d'eau, quelle que fût la hauteur du fleuve. Le premierconsul voulait faire construire vingt-cinq vaisseaux dans ce nouveauport delà république; et, en attendant de nouvelles expériences rela-tivement à la navigabilité de l'Escaut, il ordonna la mise en chantierde plusieurs vaisseaux de 74. Il ne renonçait pas à en construire plustard d’un échantillon supérieur. Il espérait faire d’Anvers un etablis-sement égal à ceux de Brest et de Toulon , mais infiniment mieux placépour troubler le sommeil de l’Angleterre.
Il se rendit d’Anvers à Gand, de Gand à Bruxelles . Ces populationsbelges, mécontentes dans tous les temps du gouvernement (pii les arégies, se montraient peu dociles pour l’administration française. Laferveur de leurs sentiments religieux y rendait plus grandes qu’aillcursles difficultés de l’administration des cultes. Le premier consul yrencontra d’abord quelque froideur, ou, pour parler plus exactement,une vivacité moins expansive que dans les anciennes provinces fran-çaises . Mais cette froideur disparut bientôt quand on vit le jeunegénéral, entouré du clergé, assistant avec respect aux cérémonies reli-gieuses, accompagné de son épouse, qui, malgré beaucoup de dissipa-tion, avait dans le cœur la piété d’une femme, et d’une femme del’ancien régime. M.de Roquelaurc était archevêque de Matines : c’étaitun vieillard plein d’aménité. Le premier consul l'accueillit avec deségards infinis, rendit même à sa famille des biens considérables restéssous le séquestre de l'Etat, se montra souvent au peuple, accompagnéde ce métropolitain de la Belgique , et réussit, par sa manière d’être, àcalmer les défiances religieuses du pays. Il était attendu à Bruxelles parle cardinal Caprara. Leur rencontre produisit le meilleur effet. Leséjour du premier consul dans cette ville se prolongeant, les ministreset le consul Cambacérès vinrent y tenir conseil. Une partie desmembres du corps diplomatique s’y rendirent de leur côté, pour obteuirdes audiences du chef de la France . Entouré ainsi de ministres, degénéraux, de troupes nombreuses et brillantes, le général Bonapartetint dans celte capitale des Pays-Bas une cour qui avait toutes lesapparences de la souveraineté. On eût dit qu’un empereur d’Allemagne venait visiter le patrimoine de Charies-Quint. Le temps s’était écouléplus vite que le premier consul ne l’avait cru. De nombreuses affairesle rappelaient à Paris : c’étaient les ordres à donner pour l’exécutionde ce qu’il avait résolu à Boulogne ; c’étaient aussi les négociations