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LIVRE XVII.
par Hambourg et Brême, dont elles alimentaient le vaste commerce,avaient été refusées le jour même où avait commencé le blocus. Lesgros négociants de Hambourg surtout avaient mis une sorte de maliceà repousser toute espèce de transaction, afin de stimuler davantage lacour de Prusse, afin de lui faire plus vivement sentir l’inconvénient del’occupation du Hanovre, cause unique de la clôture de l'Elbe et duWcscr. Depuis lors, les plus grands seigneurs prussiens essuyaient despertes immenses. M. d’Haugwitz notamment avait perdu la moitié deses revenus; ce qui n’avait altéré en rien le calme qui faisait l’un desmérites de son génie politique. Le roi, assiégé des plaintes de la Si-lésie , avait été obligé de prêter à cette province un million d éçus(4 millions de francs), sacrifice bien grand pour un prince économe,et jaloux de rétablir le trésor du grand Frédéric. On lui demandait,dans le moment, le double de cette somme.
Agité par les suggestions russes, par les plaintes du commerceprussien, le roi Frédéric-Guillaume craignait, en outre, s’il se laissaitentraîner par ces suggestions et ces plaintes, d’être engagé dans desliaisons hostiles à la France ; ce qui aurait bouleversé toute sa poli-tique, qui depuis quelques années avait reposé sur l’alliance française.C’est pour sortir de ce pénible état d’anxiété que M. Lombard venaitd’être envoyé à Bruxelles . Il avait mission de bien observer le jeunegénéral, de chercher à pénétrer ses intentions, de s’assurer s'il voulait,comme on le disait à Pétcrsbourg, pousser scs occupations jusqu’auDanemarclc ; si enfin, comme on le disait encore à Pétcrsbourg, il élaitsi dangereux de se fier à cet homme extraordinaire. M. Lombard devaiten même temps s’efforcer d’obtenir quelques concessions relativementau Hanovre . Le roi Frédéric-Guillaume aurait voulu qu’on réduisit àquelques mille hommes le corps qui occupait ce royaume, ce qui auraitrépondu aux craintes sincères ou affectées dont la présence des Fran-çais en Allemagne était la cause. Il aurait voulu de plus l’évacuationd’un petit port placé aux bouches de l'Elbe, celui de Cuxhaven . Cepetit port, situé à l’entrée même de l’Elbe , était la propriété nominaledes Hamb ourgeois, mais en réalité il servait aux Anglais pour y con-tinuer leur commerce. Si on l’avait laissé inoccupé à titre de territoirehambourgeois, le commerce anglais se serait fait comme en pleine paix.Dès lors l’objet que se proposait la France aurait été manqué, et celaétait si vrai qu’en 1800, lorsque la Prusse avait pris le Hanovre , elleavait occupé Cuxhaven .