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CAMP DE BOULOGNE.

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Pour prix de ccs deux concessions, le roi de Prusse offrait un sys-tème de neutralité du Nord , calqué surl’aucienne neutralité prussienne,qui comprendrait, outre la Prusse et le nord de l'Allemagne , de nou-veaux États allemands, peut-être même la Russie ; du moins le roiFrédéric-Guillaume s’en flattait. C’était, suivant ce monarque, garantirà la France l’immobilité du continent, lui laisser ainsi le libre emploide ses moyens contre l’Angleterre, et, par conséquent, mériter de sapart quelques sacrifices. Tels avaient été les divers objets confiés à laprudence de M. Lombard.

Ce secrétaire du roi partit de Berlin pour Bruxelles, chaudementrecommandé par monsieur d'Haugwitz à M. de Talleyrand . Il sentaitvivement l’honneur d’approcher, d’entretenir le premier consul. Ce-lui-ci, averti des dispositions dans lesquelles arrivait M. Lombard, l’ac-cueillit de la manière la plus brillante, et prit le meilleur moyeu des’ouvrir accès dans son esprit, c’était de le flatter par une confiance sansbornes, par le développement de toutes ses pensées, même les plus se-crètes. Bu reste, il pouvait, dans le moment, se montrer tout entiersans y perdre ; et il le fit avec une franchise, une abondance de lan-gage entraînantes. Il ne voulait pas, dit-il à M. Lombard, acquérir unseul territoire de plus sur le continent.; il ne voulait que ce que lespuissances avaient reconnu à la France , par des traités patents ou secrets:le Rhin, les Alpes, le Piémont, Parme , et le maintien des rapports ac-tuels avec la république italienne et l’Étrurie . Il était prêt à recon-naître l’indépendance de la Suisse et de la Hollande. Il était bien résoluà ne plus s’immiscer dans les affaires allemandes, à partir du recezde 1803. Il ne tendait qu’à une seule chose, c’était à réprimer le des-potisme maritime des Anglais , insupportable à d'autres qu’à lui cer-tainement, puisque la Prusse, la Russie, la Suède et le Dancmarcks’étaient unis deux fois en vingt ans, en 1780 et en 1800, pour lefaire cesser. C’était à la Prusse à l’aider dans celte tâche, à la Prussequi était l’alliée naturelle de la France , qui depuis quelques années enavait reçu une foule de services, et qui en attendait de si grands encore.Si, en effet, il était victorieux, mais grandement victorieux, que nepouvait-il pas faire pour elle ! N’avait-il pas sous la main le Hanovre ,ce complément si nalurel, si nécessaire du territoire prussien. Etn’était-ce pas là un prix, immense et certain, de l’amitié que le roiFrédéric-Guillaume lui témoignerait en cette circonstance? Mais, pourqu’il fût victorieux et reconnaissant, il fallait qu’on le secondât d'une

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