Band 
[3. - 4.]
Seite
278
JPEG-Download
 

LIVRE XVII.

278

la royauté de l’Étrurie , qu’on appelait nominale, parce que dos troupesfrançaises gardaient l’Étrurie , incapable de se garder elle-même. Onse plaignait surtout de la cession de la Louisiane aux États-Unis . Ondisait que si la France voulait aliéner cetlc précieuse colonie, c'était auroi d’Espagne quelle aurait dû s’adresser , non aux Américains , quideviendraient pour le Mexique des voisins dangereux ; que si la France avait rendu cette colonie à Charles IV , il se serait bien chargé de lasauver des mains des Américains et des Anglais . Il était ridicule, envérité, à des gens qui allaient perdre le Mexique, le Pérou , et toutel'Amérique du Sud, de prétendre pouvoir garder la Louisiane , laquellen’était espagnole ni par les mœurs, ni par l’esprit, ni par le langage.On faisait à Madrid de cette aliénation de la Louisiane un grief considé-rable contre la France , et tellement grave, qu’on se tenait pour déliéde toute obligation envers elle. Le vrai motif de cette haineux ôtait dansle refus du premier consul d’ajouter le duché de Parme au royaumed'Étrurie ; refus forcé dans le moment, car il était obligé de garderquelques territoires pour indemniser le roi de Piémont , depuis qu’ondemandait'si vivement une indemnité pour ce prince ; et d’ailleurs lesFlorides, après l’abandon de la Louisiane , n’étaient plus un objetd'échange acceptable. Le cabinet de Madrid ne s’en tenait pas enversla France à l’attitude de la mauvaise humeur, il en était venu aux plusmauvais procédés. Notre commerce était indignement traité. Sousprétexte de contrebande, des bâtiments avaient été saisis, et les équi-pages envoyés aux présides d’Afrique . Toutes les réclamations de nosnationaux étaient écartées; on ne répondait plus à l’ambassadeur suraucun sujet. Pour mettre le comble aux outrages, on venait de laisserenlever au mouillage d’Algésiras et de Cadix , sous le feu même descanons espagnols, des bâtiments français ; ce qui constituait, à parttoute alliance, une violation de territoire qu’il était indigne de souf-frir. La flotte réfugiée à La Corogne était, sur une fausse allégation dequarantaine, tenue en dehors du mouillage, où elle aurait pu se trouveren sûreté. On forçait les équipages de mourir à bord, faute des ressourcesles plus indispensables, et faute surtout de l’air bienfaisant de la terre.Cette escadre, bloquée par une flotte anglaise , ne pouvait reprendre lamer, sans un repos, sans un radoub considérable, et sans un renouvel-lement de vivres et de munitions. On lui refusait tout cela, même àprix d’argent. Enfin, par une bravade qui mettait le comble à de telsprocédés, tandis que la marine espagnole était laissée dans un délabre-