CAME DE BOÜIiOGN'E.
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ment à faire pitié, on s’occupait avec des soins étranges de l'armée deterre, et on organisait les milices comme si on avait voulu préparerune guerre nationale contre la France .
Qui pouvait ainsi pousser dans l’abîme l’inepte favori, dont la do-mination avilissait le noble sang de Louis XIV , et réduisait une bravenation à la plus honteuse impuissance? Le défaut de suite dans lesidées, la vanité blessée, la paresse, l'incapacité, tels étaient les misé-rables mobiles de cet usurpateur de la royauté espagnole. Il avait penchéautrefois pour la France , c’en était assez pour que son inconstancepenchât aujourd’hui pour l'Angleterre. Le premier consul n’avait pului dissimuler son mépris, tandis que les agents anglais et russes, aucontraire, l’accablaient de flatteries; puis, et surtout, la France luidemandait du courage, de l’activité, une bonne administration desaffaires espagnoles : c’était plus qu’il n’en fallait pour l'amener à dé-tester un allié aussi exigeant. Tout cela finira, avait dit le premierconsul, par un coup de tonnerre. Ainsi s'annoncait, par de sinistreséclairs, la foudre cachée dans cette nue épaisse qui commençait à s’a-monceler sur le vieux trône d’Espagne .
Le sixième des camps formés sur les rives de l’Océan se réunissait àBayonne . Les apprêts furent accélérés et accrus jusqu’à former unevéritable armée. Un autre rassemblement fut préparé du côté desPyrénées orientales . Augereau reçut le litre de général en chef de cesdivers corps de troupes. L’ambassadeur de France eut ordre de de-mander à la cour d’Espagne le redressement de tous les griefs dont onavait à se plaindre, l’élargissement des Français détenus, avec un dé-dommagement pour les pertes qu’ils avaient essuyées, la punition descommandants des forts d’Algésiras et de Cadix , qui avaient laisséprendre des bâtiments français à portée de leurs canons, la restitutiondes bâtiments pris, l’admission dans les bassins du Ferrol de l’escadreréfugiée à La Corogne , son radoub et son ravitaillement immédiats,sauf à compter sur-le-champ avec la France ; le licenciement de toutesles milices, et enfin , au choix de l'Espagne , ou la stipulation d’unsubside, ou l’armement des quinze vaisseaux et des 24,000 hommespromis par le traité de Saint-Udephonse. Le général Bcurnonvilledevait déclarer au prince de La Paix ces volontés expresses, lui direque si la cour de Madrid persistait dans sa folle et coupable conduite,c’était à lui que s'en prendrait la juste indignation du gouvernementfrançais ; qu’en franchissant la frontière on dénoncerait au roi et au