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LIVRE XVII.
d’une seconde division, qui était prête dans ce port, et la faire, venirau secours de la première.
Les Anglais étaient devant Calais avec une force considérable,surtout avec plusieurs bombardes. Dans la journée du 27 septembre(4 vendémiaire), ils lancèrent un grand nombre de bombes sur la villeet sur le port. Ils tuèrent un ou deux hommes, et n’atteignirent aucunbâtiment. Les batteries attelées, accourues au galop sur la plage, leurrépondirent par un feu bien nourri, et les obligèrent à se retirer. Ilss’en allèrent assez confus d'avoir produit si peu d’effet. Le lendemain,l’amiral Bruix prescrivit à la division Saint-IIaouen de mettre en merpour affronter la croisière ennemie, empêcher un nouveau bombar-dement, et, suivant les circonstances, doubler le cap Grisnez, afin dese rendre à Boulogne. La seconde division de Dunkerque devait mettreà la voile en même temps, sous le commandement du capitaine Pe-vrieux, et appuyer la première. Le contre-amiral Magon , qui com-mandait à Boulogne, avait ordre, de son côté, de sortir de ce port avectout ce qui était disponible, de se tenir sous voiles pour donner la mainaux divisions Saint-IIaouen etPevrieux, si elles parvenaient à doublerle cap Grisnez.
Le 28 septembre au matin (5 vendémiaire an XII), le capitaineSaint-IIaouen sortit hardiment de Calais , et s’avança jusqu’à portéede canon. Les Anglais firent un mouvement pour s’élever au vent. Lecapitaine Saint-Haoucn, profitant habilement de ce mouvement, quiles éloignait de lui, se dirigea à toutes voiles vers le cap Grisnez. Maisil fut rejoint bientôt par les Anglais un peu au delà du cap, et assaillipar un feu violent d’artillerie. Il semblait qu’une vingtaine de bâti-ments ennemis, quelques-uns de grand échantillon, auraient dù coulernos légers navires; mais il n’en fut rien. Le capitaine Sainl-Haouencontinua sa marche sous les boulets des Anglais , sans en souffrir beau-coup. Un bataillon de la 46', et un détachement de la 22% embarquésà bord des bâtiments, maniaient la rame avec un admirable sang-froidsous un feu très-vif, mais heureusement peu meurtrier. En mêmetemps les batteries attelées sur la plage étaient accourues, et ré-pondaient avec avantage à l’artillerie des vaisseaux anglais . Enfin, dansl’après-midi, le capitaine Saint-IIaouen mouilla en rade de Boulogne,joint par un détachement sorti de ce port, sous les ordres du contre-amiral Magon. La seconde division de Dunkerque , qui avait mis à lamer, s’était avancée de son côté jusqu’à la vue du cap Grisnez. Mais,