LIVRE XVII.
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néral de Boulogne . Plusieurs officiers de mer , les capitaines Saint-Haouen et Pevrieux, dont nous venons de citer les noms, les capitainesHamelin, Daugier, se distinguèrent dans cette espèce de cabotage,par leur courage et par leur habileté. Nos bâtiments, marchant tantôtà la voile, tantôt à la rame, longeaient la côte à très-petite distancedes détachements de cavalerie et d’artillerie, prêts à les protéger. Ra-rement ils furent obligés de se réfugier au rivage, car presque toujoursils naviguèrent à la vue des Anglais , soutenant leur feu, et quelquefoiss’arrêtant quand ils en avaient le temps, pour faire face à l’ennemi, etlui montrer leur avant armé de gros calibre. Souvent ils firent reculerles bricks, les corvettes et même les frégates. S’ils échouèrent dansquelques occasions, ce fut plutôt par l’effet du mauvais temps que parla force de leurs adversaires. Quand cela leur arrivait , les Anglais sejetaient dans des canots pour s’emparer des chaloupes ou des pénicheséchouées. Mais nos artilleurs, accourus avec leurs pièces sur la plage,ou bien nos cavaliers, changés tout à coup en fantassins, presque engens de mer, venaient, au milieu des brisants, au secours des marins,éloignaient les canots anglais par le feu de leurs carabines, et les obli-geaient à regagner le large, sans amener aucune prise, souvent mêmeaprès avoir perdu quelques-uns de leurs plus intrépides matelots.
Dans les mois d’octobre, de novembre et de décembre, près de millebâtiments, chaloupes canonnières, bateaux canonniers, péniches, partisde tous les ports, entrèrent dans Boulogne. Sur ce nombre les Anglais n’en prirent pas plus de trois ou quatre, la mer n’en détruisit pas plusde dix ou douze.
Ces courtes et fréquentes traversées furent l’occasion de beaucoupd’observations utiles. Elles révélèrent la supériorité des chaloupes ca-nonnières sur les bateaux canonniers. Ceux-ci étaient plus difficiles àmouvoir, dérivaient davantage, et surtout manquaient de feux. Lesdéfauts de ces bateaux canonniers tenaient à leur construction, et leurconstruction à la nécessité d’y placer l’artillerie de campagne. 11 fallaitbien s'y résigner. Les péniches ne laissaient rien à désirer sous le rap-port de la manœuvre et de la vitesse. Du reste tous ensemble avaientune marche passable, même sans le secours de la voile. Il y avait desdivisions venues du Havre à Boulogne , presque toujours à la rame,avec une vitesse moyenne de deux lieues à l’heure. Quelques change-ments à l’arrimage, c’est-à-dire au chargement, devaient améliorer leursqualités navigantes.