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LIVRE XVII.

ments, et s’y attacher comme un cavalier s’attache à son cheval. Offi-ciers de terre et de mer, soldats et matelots, devaient par ce moyenarriver à se connaître, prendre confiance les uns dans les autres, et enêtre plus disposés à s’entr’aider. Chaque compagnie dut fournir au bâti-ment qui lui appartenait une garnison de 25 hommes, toujours em-barqués. Ces 25 hommes, formant le quart de la compagnie, restaientenviron un mois à bord. Pendant ce temps ils logeaient sur le bâti-ment avec l’équipage, soit que le bâtiment se trouvât en mer pour ma-nœuvrer, soit qu'il séjournât dans le port. Ils faisaient là tout ce quefaisaient les matelots eux-mêmes, concouraient aux basses manœuvres,et s’exercaient surtout à manier la rame et à tirer le’canon. Quand ilsavaient été livrés à ce genre de vie pendant un mois, ils étaient rem-placés par vingt-cinq autres soldats de la même compagnie, quivenaient pendant le même espace de temps se livrer aux mêmes exer-cices de mer. Successivement la compagnie tout entière faisait sonstage à bord des chaloupes ou bateaux. Chaque homme était donc al-ternativement soldat de terre, soldat de mer, artilleur, fantassin, ma-telot, et même ouvrier du génie, par suite des travaux exécutés dansles bassins. Les matelots prenaient part aussi à cet enseignement réci-proque. Il y avait à bord des armes d’infanterie, et (quand on était dansle port, ils faisaient sur le quai, pendant la journée, l’exercice du fan-tassin. C'était par conséquent un renfort de 15,000 fantassins, qui,après le débarquement en Angleterre, seraient capables de défendre laflottille le long des côtes où elle serait venue s’échouer. En leur laissantcomme renfort une dizaine de mille hommes, ils pouvaient attendreimpunément au rivage les victoires de l’armée d’invasion. .

Les péniches, dans le commencement, restèrent en dehors de cetteorganisation, parce quelles ne pouvaient pas porter toute une compa-gnie, et quelles étaient plutôt capables de jeter rapidement les troupesà terre, que de faire face en mer à l’ennemi. Cependant on les rangeaplus tard en division, et on ies attribua spécialement à l’avant-garde,composée des grenadiers réunis. En attendant, elles étaient rangées enescouades dans le port, et, tous les jours, les troupes auxquelles desbâtiments n’élaient pas encore affectés allaient s’exercer tantôt à lesmouvoir à la rame, tantôt à tirer le léger obusicr dont elles étaientarmées.

Cela réglé, on s’occupa d’un autre soin non moins important, celuide l’arrimage des navires. Le premier consul, dans l’un de ses voyages,