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CAMP DE BOULOGNE.

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fit charger et décharger plusieurs fois sous ses yeux quelques chaloupes,bateaux et péniches, et arrêta sur place leur arrimage '. Comme leston leur assigna des boulets, des obus, des munitions de guerre, enquantité suffisante pour une longue campagne. On disposa dans leurcale du biscuit, du vin, de l’eau-de-vie, de la viande salée, du fromagede Hollande, pour nourrir pendant vingt jours toute la masse d'hommescomposant l’expédition. Ainsi, la flottille de guerre devait porter,outre l’année et ses 400 bouches à feu attelées de deux chevaux, desmunitions pour une campagne, des vivres pour vingt jours. La flottillede transport devait porter, comme nous l’avons dit, le surplus desattelages d’artillerie, les chevaux nécessaires à une moitié de la c-ava*lerie, deux ou trois mois de vivres, enfin tous les bagages. A chaquedivision de la flottille de guerre, répondait une division de la flottillede transport, l'une devant naviguer à la suite de l’autre. Sur chaquebâtiment un sous-officier d’artillerie veillait aux munitions, un sous-officier d’infanterie aux vivres. Tout devait être constamment em-barqué sur les deux flottilles, et il ne restait à mettre à bord, au signaldu départ, que les hommes et les chevaux. Les hommes, exercés fré-quemment à prendre les armes, et à se rendre par demi-brigades,bataillons et compagnies, à bord de la flottille, n’y mettaient que letemps nécessaire pour aller des camps au port. Quant aux chevaux,on était arrivé à simplifier et accélérer leur embarquement d’une ma-nière surprenante. Quelque grand que fût le développement des quais,il n’était pas possible cependant d’y ranger tous les bâtiments. On étaitobligé d'en disposer jusqu’à neuf l’un contre l’autre, le premier seultouchant le quai. Un cheval, revêtu d’un harnais qui le saisissait sousle ventre, enlevé de terre au moyen d’une vergue, transmis neuf foisde vergue en vergue, était déposé en deux ou trois minutes dans leneuvième bâtiment. De la sorte, hommes et chevaux pouvaient êtreplacés en deux heures sur la flottille de guerre. Il en fallait trois ouquatre pour embarquer les 9 à 10,000 chevaux restants sur la flottille

1 Boulogne, 16 novemhre 1603.

Au citoyen Fleurieu.

J’ai passé ici la journée pour présider à l’installation d’une chaloupe et d’unbateau canonnier. Ici l’arrimage est une des plus importantes manœuvres duplan de campagne, pour que rien ne soit oublié, et que tout soit également ré-parti.

Tout commence à prendre une tournure satisfaisante...