LIVRE XVII.
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» Tuileries le Calvaire. On distinguait les maisons et le mouvement.
» C’est un fossé qui sera franchi, lorsqu’on aura l'audace de le tenter. »(16 novembre 1803. Dépôt de la secrétairerie d'État.)
Son impatience d’exécuter cette grande entreprise était extrême *.
1 Les lettres suivantes prouvent bien cette impatience, et le désir d’exécuterl'expédition en nivôse ou pluviôse, c’est-à-dire en janvier ou février. L’une d’ellesest adressée à l'amiral Ganteaumc, qui dut un moment commander la botte deToulon, avant de commander celle de Brest . Les chiffres contenus dans ces lettresne sont pas exactement ceux que nous donnons dans notre récit, parce que le pre-mier consul ne se fixa qu’un peu plus tard sur le nombre définitif des hommes etdes bâtiments. Nous avons adopté les chiffres qui furent définitivement arretés.
Au citoyen Itapp.
Vous voudrez bien vous rendre à Toulon . Vous remettrez la lettre ci-jointe augénéral Ganteaume : vous y prendrez connaissance de la situation de la marine, del’organisation des équipages et du nombre des vaisseaux en rade ou qui seraientprêts à s’y rendre. Vous resterez jusqu’à nouvel ordre à Toulon . Quarante-huitheures après votre arrivée, vous m’enverrez un courrier extraordinaire avec la ré-ponse du général Ganteaume à ma lettre. Ce courrier extraordinaire parti, vousm'écrirez chaque jour ce que vous aurez fait, et vous entrerez dans le plus granddétail sur toutes les parties de l’administration. Vous irez tous les jours une oudeux heures à l'arsenal. Vous vous informerez du jour où passera le 3 e bataillonde la 8 e légère, qui part d’Antibes, et qui a ordre de se rendre à Saint-Omer pourl’expédition ; vous vous rendrez au lieu le plus près de Toulon où il passera pourl’inspecter, et vous me ferez connaître sa situation.
Vous irez visiter les îles d’Hières pour voir de quelle manière elles sont gar-dées et armées. Vous me ferez un rapport détaillé sur tous les objets que vousverrez.
Au général Ganteaume, conseiller d’État et préfet maritime, à Toulon .
Citoyen général, j’expédie auprès de vous le général Rapp, un de mes aides decamp ; il séjournera quelques jours dans votre port, et s’instruira en détail detout ce qui concerne votre département.
Je vous ai mandé, il y a deux mois, que, dans le courant de frimaire, je comptaisavoir dix vaisseaux, quatre frégates, quatre corvettes, prêts à mettre à la voile deToulon , et que je désirais que cette escadre fût approvisionnée pour quatre moisde vivres pour 25,000 hommes de bonnes troupes d’infanterie qui s'embarqueraientà son bord. Je désire que quarante-huit heures après la réception de cette lettre,par le courrier extraordinaire du général Rapp, vous me fassiez connaître le jourprécis où une escadre pareille pourra mettre à la voile de Toulon , ce que vousaurez en rade et prêt à partir au moment de la réception de ma lettre, ce que vousaurez au 15 frimaire et au 1 er nivôse. Mon vœu serait que votre expédition pûtmettre à la voile au plus tard dans les premiers jours de nivôse.
Je viens de Boulogne, où il règne aujourd'hui une grande activité, et où j’espereavoir, vers le milieu de nivôse, trois cents chaloupes, cinq cents bateaux, cinqcents péniches réunis, chaque péniche portant un obusicr de 36, chaque chaloupe