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CONSPIRATION DE GEORGE.

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les éléments et les associer à sa cause. Les deux nations, comme atti-rées sur ce double rivage , y donnaient en ce moment un bien grandspectacle au monde : rune , troublée quand elle songeait à son inex-périence des armes, était rassurée quand elle considérait cet Océan quilui servait de ceinture; l'autre, pleine de confiance dans sa bravoure, dansson habitude de la guerre, dans le génie de sou chef, mesurait des yeuxle bras de mer qui arrêtait son ardeur, s’accoutumait tous les jours àle mépriser, et se regardait comme certaine de le franchir bientôt, àla suite du vainqueur de Marengo et des Pyramides.

Aucune des deux ne supposait d'autres moyens que ceux qui étaientpréparés sous ses yeux. Les Anglais, croyant Brest et Toulon exacte-ment bloqués, n'imaginaient pas qu'une escadre put paraître dans laManche. Les Français , s’exerçant tous les jours à naviguer sur leurschaloupes canonnières, n'imaginaient pas qu’il existât une autre ma-nière de franchir le détroit. Personne ne soupçonnait la principalecombinaison du premier consul. Cependant les uns craignaient, lesautres espéraient quelque subite invention de son génie : c’était lacause du trouble qui régnait d’un côté de la Manche, et de la confiancequi régnait de l'autre.

Il faut le dire, les moyens préparés pour nous résister étaient peude chose, si le détroit. était franchi. En admettant qu’on parvînt àréunir, entre Londres et la Manche, 50,000 hommes de l’armée deligne, et 30,000 ou 40,000 de l’armée de réserve, et qu’on joignît àces troupes régulières la plus grande masse possible de volontaires, onn’aurait pas même atteint la force numérique de l’armée française des-tinée à passer le détroit. Et qu’auraient-ils pu tous ensemble, mêmeen nombre deux ou trois fois supérieur, contre les 150,000 hommesqui, en dix-huit mois, sous la conduite de Napoléon, battirent, àAusterlitz, à léna, à Friedland, toutes les armées européennes, ap-paremment aussi braves, certainement plus aguerries, et quatre oucinq fois plus considérables que les forces britanniques? Les préparatifsdes Anglais étaient donc en réalité d’une faible valeur, et l’Océan étaittoujours leur défense la plus sûre. En tout cas, quel que fût lerésultat définitif, c'était déjà une cruelle punition de la conduite dugouvernement britannique, que cette agitation générale de toutes lesclasses, que ce déplacement des ouvriers arrachés à leurs ateliers,des négociants à leurs affaires, des seigneurs anglais à leur opu-lence : une telle agitation prolongée quelque temps serait devenue un