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LIVRE XV11I.

alors retiré à Varsovie . Ce prince, toujours fort peu d’accord avec sonfrère, le comte d’Artois, dont il désapprouvait la stérile et imprudenteactivité, repoussa cette proposition. Singulier contraste entre ces deuxprinces ! Le comte d'Artois avait de la bonté sans sagesse; Louis XVIII ,de la sagesse sans bonté. Le comte d'Artois entrait dans des projets in-dignes de son cœur, que Louis XVIII repoussait parce qu’ils étaientindignes de son esprit. Louis XVIII résolut dès lors de rester étrangerà toutes les menées nouvelles dont la guerre allait redevenir la funesteoccasion. Le comte d’Artois, placé à une grande distance de son frèreaîné, excité par son ardeur naturelle, par celle des émigrés, et, ce quiest plus fâcheux, par celle des Anglais eux-mêmes, prit part à tous lesprojets que la circonstance fil naître dans ces cerveaux troublés par unecontinuelle exaltation. Les communications des émigrés français avecle cabinetanglais avaient lieu par le sous-secrétaire d'Etat, M. Hainmon,qu'on a vu figurer dans plusieurs négociations. C’est à lui qu’ils s’adres-saient pour toutes choses en Angleterre. Au dehors, ils s’adressaient àtrois agents de la diplomatie britannique : M. Taylor, ministre enHesse ; M. Spencer Smith, ministre à Sluttgard; M. Drakc, ministreen Bavière . Ces trois agents, placés près de nos frontières, cherchaientà nouer toute espèce d’intrigues en France , et à secoLder de leur côtécelles qu’on tramerait de Londres . Ils correspondaient amc M. Hammon,et avaient à leur disposition des sommes d’argent considérables. Il estdifficile de croire que ce fussent là de ces obscures menées de police,que les gouvernements se permettent quelquefois comme simplesmoyens d'informations, et auxquelles ils consacrent ce menus fonds.C étaient de vrais projets politiques, passant par les agents les plusélevés, aboutissant au ministère le plus important, edui des affairesextérieures, et coûtant jusqu'à des millions.

Les princes français les plus mêlés à ces projets étaient le comted’Artois, et son second fils, le duc de Berri. Le duc é’Angoulème ré-sidait alors à Varsovie, auprès de Louis XVIII . Les p inces de Condévivaient à Londres , mais sans intimité avec les princes de la brancheaînée, et toujours à part de leurs projets. On les tra tait comme dessoldats, constamment disposés à prendre les armes, et uniquementpropres à ce rcle. Tandis que le grand-père et le père des Gondésétaient à Londres, le petit-fils, le duc d’Enghien, était dans le pays deBade , livré au plaisir de la chasse, et à la vive affectioi qu’il éprouvaitpour une princesse de Rohan. Tous trois au service de la Grande-Bre-