CONSPIRATION DE G20RGE.
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tagnc, ils avaient reçu ordre de se tenir prêts à recommencer la guerre,et ils avaient obéi comme des soldats obéissent au gouvernement quiles paye : triste rôle sans doute pour des Condés, moins triste cepen-dant que celui de tramer des complots !
Voici quel fut le plan de la nouvelle conjuration. Insurger la Vendée ne présentait plus guère de chance : au contraire, attaquer directe-ment, au milieu de Paris , le gouvernement du premier consul, parais-sait un moyen prompt et sûr d'arriver au but. Le gouvernement con-sulaire renversé, il n’y avait plus rien de possible, suivant les auteursdu projet, plus rien que les Bourbons. Or, comme le gouvernementconsulaire consistait tout entier dans la personne du général Bonaparte,il fallait détruire celui-ci. La conclusion était forcée. Mais il fallait ledétruire d’une manière certaine. Un coup de poignard, une machineinfernale, tout cela était d'un succès douteux; car tout cela dépendaitde la sûreté de main d'un assassin, ou des hasards d’une explosion. Ilrestait un moyen jusqu’ici non essayé, à ce titre non discrédité encore :c’était de réunir une centaine d’hommes déterminés, l’intrépide Georgeen tète; d’assaillir sur la route de Saint-Cloud ou de la Malmaison lavoiture du premier consul; dattaquer sa garde, forte tout au plus dedix à douze cavaliers, de la disperser, et de le tuer ainsi dans une espècede combat. De cette manière, on était certain de ne pas le manquer.George, qui était brave, qui avait des prétentions militaires, et ne vou-lait pas passer pour un assassin, exigeait qu’il y eût doux princes, unau moins, placés à scs côtés, et regagnant ainsi l’épée à la main la cou-ronne de leurs ancêtres. Le croirait-on? Ces esprits, pervertis parl’émigration, s’imaginaient qu’en attaquant ainsi le premier consulentouré de ses gardes, ils livraient une sorte de bataille, et qu’ilsn’étaient pas des assassins! Apparemment qu’ils étaient les égaux dunoble archiduc Charles, combattant, le général Bonaparte au Taglia-mento ou à Wagram, et ne lui étaient inférieurs que par le nombredes soldats! Déplorables sophismes, auxquels ne pouvaient croire qu’àmoitié ceux qui les faisaient, et qui prouvent chez ces malheureuxprinces de Bourbon, non pas une perversité naturelle, mais une per-versité acquise dans la guerre civile et dans l’exil ! Un seul entre tousces hommes était bien dans son rôle : c’était George. I! était maîtredans cet art des surprises; il s’y était formé au milieu des forêts dela Bretagne; et cette fois, en exerçant son art aux portes de Paris ,il ne craignait pas d’être relégué au rang de ces instruments dont on