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CONSPIRATION 1»E GEORGE.

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afin fie ne pas les exposer inutilement à un séjour prolonge dans Paris ,sous les yeux d'une police vigilante. Il se décida donc à partir lepremier, et à se rendre à Paris , pour y composer la bande de chouansavec lesquels il devait attaquer la garde du premier consul. Pendantce temps, Piclicgru était chargé de s'aboucher avec Moreau, d'abordpar intermédiaire, puis directement, en se transportant lui-même àParis . Enfin, quand on aurait tout préparé des deux côtés, quand onaurait à la fois les chouans pour livrer combat, cl Moreau pour entraînerl’adhésion de l’armée, les princes viendraient les derniers, la veille oule jour de l’exécution.

Tout cela étant arrêté, George, avec une troupe de chouans, sur larésolution et la fidélité desquels il pouvait compter, quitta Londres pourse rendre en Fi ance. Ils étaient tous pourvus d’armes comme des mal-faiteurs qui allaient courir les bois. George portait dans une ceintureun million en lettres de change. Ce n’étaient pas, bien entendu, lesprinces français, réduits aux derniers expédients pourvivre, qui avaientpu fournir les sommes qui circulaient entre ces entrepreneurs decomplots. Elles venaient de la source commune, c’est-à-dire du trésorbritannique.

Un officier de la marine royale anglaise, le capitaine Wright, marinintrépide, montant un léger navire, recevait à Deal ou Ilastings lesémigrés voyageurs, et venait les jeter, à leur choix, sur le point de lacôte où ils voulaient aborder. Depuis que le premier consul, bien avertides fréquentes descentes des chouans, avait fait garder avec plus de soinque jamais les côtes de Bretagne , ils avaient changé de direction, et ilspassaient par la Normandie. Entre Dieppe et LeTréport, le long d’unefalaise escarpée, dite de Biville, se trouvait une issue mystérieuse,pratiquée dans une fente de rocher, et fréquentée par les contrebandiersseuls. Un câble, fortement attaché au sommet de la falaise, descendaitdans celle fente de rocher, et venait toucher à la mer. A un cri quiservait de signal, les secrets gardiens du passage jetaient le câble, quele contrebandier saisissait, et à l’aide duquel il gravissait le précipice,haut de deux ou trois cents pieds, en portant un lourd fardeau sur lesépaules. Les affidés de George avaient découvert celte voie, et avaientsongé à s’en approprier l’usage, ce qui était facile avec l’argent dontils disposaient. Pour compléter la communication avec Paris , ils avaientétabli une suite de gîtes, soit dans des fermes isolées, soit dans deschâteaux habités par des nobles normands, royalistes fidèles et discrets,