CONSPIRATION DE GEORGE.
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sympathie pour le représentant d’une cause qui répondait aux plussecrètes affections de la population; mais courir encore les bruyères etles grandes routes, n’était du goût de personne. Les prêtres d’ailleurs,vrais inspirateurs du peuple vendéen, étaient attirés vers le premierconsul. Quelques rassemblements insignifiants étaient tout ce qu’onpouvait espérer; et, chose désolante pour les conspirateurs, ou trouvaitdéjà moins qu’autrefois de ces chouans déterminés, qui étaient prêts àtout, plutôt qu’à retourner à des occupations laborieuses et paisibles.11 fallait en trouver cependant, et qui fussentà la fois braves et discrets.George était depuis deux mois à Paris , qu’il en avait à peine réuni unetrentaine. Ou ne leur disait pas le but de leur réunion, ou ne les faisaitpas connaître les uns aux autres. Ils savaient seulement qu’on les des-tinait à une entreprise prochaine pour les Bourbons, ce qui leur con-venait; et, en attendant, on les payait bien, ce qui ne leur convenaitpas moins. George en secret leur préparait des uniformes et des armespour le jour du combat.
Du sein du mystère où il vivait, et avec beaucoup de précautions,bien que la partie du projet qui regardait les républicains ne fût pasde son ressort, il avait voulu savoir si les affaires marchaient mieux dece côté que du côté des royalistes. Il fit sonder par un Breton fidèle lesecrétaire de Moreau, appelé Fresnières, lequel était Breton aussi, etlié avec tous les partis, même avec M. Fouché. C’était passer bien prèsdu péril, car M. Fouché, en ce moment, regardait de tous ses yeux,pour avoir l’occasion de rendre service au premier consul. Fresnièresne dit rien de bien encourageant relativement à Moreau. Ses réponsesfurent au moins insignifiantes. George n’en tint compte, et, résolu àtout tenter, pressa ses mandataires de Londres d’agir; car, compromisau milieu de Paris depuis plusieurs mois, il y courait inutilement lesplus grands dangers.
Pendant que George était ainsi occupé, les agents de Pichegru avaient agi de leur côté, et avaient abordé Moreau. D’anciens commisaux vivres, espèces d'hommes qui deviennent parfois les familiers desgénéraux, furent employés à porter quelques paroles à Moreau, de lapart de Pichegru . On lui demanda s’il se souvenait de cet ancien com-pagnon d’armes, et s’il gardait encore quelque ressentiment contre lui.Ce n’élait pas Moreau qui devait en vouloir à Pichegru , qu’il avait dé-noncé au directoire, en livrant les papiers du fourgon de Klinglin. Toutentier d’ailleurs à la haine présente, il n’était guère capable de songer