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CONSPIRATION DF. GEORGE.

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pas se compromettre dans un complot bien caractérisé. Et quant à laFiance, regrettant sans doute la paix si promptement rompue, sedéfiant peut-être aussi du goût pour le pouvoir et la guerre qui éclataitchez le général Bonaparte, elle ne cessait pas de le regarder commeson sauveur. Elle était éprise de son génie, et elle ne voulait à aucunprix se voir rejetée dans les hasards d'une nouvelle révolution.

Déjà ces malheureux étaient tentés de se retirer, les uns en Bre-tagne . les autres en Angleterre. Désabusés par la connaissance des faits,les plus élevés d’entre eux éprouvaient en outre un profond dégoûtpour la compagnie au milieu de laquelle ils étaient réduits à vivre.M. de ltivière et Pichegru , de tous les plus sages, se confiaient leursrépugnances et leurs chagrins. Un jour même, Pichegru , voulant re-mettre à leur place ces chouans trop importuns, répondit avec amer-tume et mépris à l'un d’eux qui lui disait : « Mais , général, vous êtesavec nous! — Non, je suis chez vous. » Ce qui signifiait que sa vieétait entre leurs; mains, mais que sa volonté et sa raison n’y étaientplus.

Tous ensemble se trouvaient plongés dans une cruelle incertitude :George cependant était toujours prêt à assaillir le premier consul, saufà voir ensuite ce qu’on ferait le lendemain; les autres se demandaientà quoi bon un attentat inutile. Bs en étaient là, lorsque ces menées,conduites sans interruption depuis six mois, finirent par donner à lapolice un éveil, trop tardif pour l'honneur de sa vigilance. La sagacitédu premier cons;ul le sauva, et perdit les imprudents ennemis qui con-spiraient sa perte. C’est l’ordinaire punition de ceux qui s’engagentdans de telles entreprises, de s’arrêter trop tard : souvent ils sont dé-couverts, saisis, punis, quand déjà la conscience, la raison, la craintecommençant à leur ouvrir les yeux, ils allaient rétrograder dans la voiedu mal.

Ces allées et venues, continuées depuis août jusqu’en janvier,passant surtout si près d’un homme tel que l’ancien ministre Fouché ,qui avait grande envie de faire des découvertes, ne pouvaient pas nepas être un jour aperçues. Nous avons rapporté ailleurs que M. Fouchéavait été privé du portefeuille de la police, à l’époque où le premierconsul avait voulu inaugurer le consulat à vie par la suppression d’unministère de rigueur. La police avait été comme cachée alors dans leministère de la justice . Le grand juge Régnier, tout à fait étranger àune administration de cette nature, l’avait abandonnée au conseiller

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