LIVRE XVIII.
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d'État Réal, homme d'esprit, mais vif, crédule, et n’ayant pas h beau-coup près la sagacité sûre et pénétrante de M. Fouché. Aussi la policeétait-elle médiocrement dirigée, et on affirmait au premier consul quejamais on n’avait moins conspiré. Le premier consul était loin de par-tager cette sécurité. D’ailleurs M. Fouché ne la lui laissait pas. Celui-ci,devenu sénateur, s’ennuyant de son oisiveté, ayant conservé ses rela-tions avec ses anciens agents, était parfaitement informé, et venaitentretenir le premier consul de ses observations. Le premier consul,écoutant tout ce que lui disaient MM. Fouché et Réal, lisant avec assi-duité les rapports de la gendarmerie, toujours les plus utiles, parcequ’ils sont les plus exacts et les plus honnêtes, avait la conviction qu’ilse tramait des complots contre sa personne. D’abord, une inductiongénérale, tirée des circonstances, le portail à penser que le renouvel-lement de la guerre devait être une occasion pour les émigrés et les ré-publicains d’essayer quelque tentative. Divers indices, tels que deschouans arrêtés dans tous les sens, des avis venus des chefs vendéensattachés à sa personne, lui prouvaient que l'induction était juste. Surun renseignement partant de la Vendée même, et qui lui annonçaitque l'on voyait des conscrits réfractaires se former en bandes, il envoyadans les départements de l'Ouest le colonel Savary, dont le dévouementétait sans bornes, dont l'intelligence et le courage étaient, égalementéprouvés. Il le dépêcha avec quelques hommes de la gendarmeried’élite, pour suivre le mouvement, et diriger plusieurs colonnes mo-biles lancées sur la Vendée . Le colonel Savary partit, observa tout deses yeux, et aperçut clairement les signes d’une action sourde. Cetteaction était celle de George, qui, de Paris , s’efforçait de préparer uneinsurrection en Vendée . Cependant on ne découvrit rien de relatif auterrible secret que George avait gardé pour lui et. ses principaux as-sociés. Les bandes dispersées, le colonel Savary revint à Paris sans avoirrien appris de bien important.
Une autre intrigue, dont le fi! était tombé dans les mains du pre-mier consul, et qu’il mettait une sorte de plaisir à suivre lui-même,promettait quelques lumières, sans toutefois les donner encore. Les1 rois ministres anglaise»liesse, en Wurtemberg, en Bavière , qui étaientchargés de nouer aussi des traînes en France , s’y appliquaient avec unzèle assidu, mais maladroit. Des étrangers sont peu habiles à conduirede pareilles trames. Celui qui résidait en Bavière , M. Drate, était leplus actif. Il s’était même logé hors de Munich , pour recevoir plus faci-