CONSPIRATION DE GEORGE.
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se croiser les uns les autres, il disait qu'il n’en était pas instruit (ce quiétait vrai); mais qu'il fallait, si on se rencontrait, se serrer, tendretous ensemble au même but; car, ajoutait M. Drake, il importe fortpeu par qui l’animal soit terrassé, il suffit que vous soyez tous prêtsà joindre la chasse '.
C’est à cet indigne rôle qu’un agent revêtu d’un caractère officielosait descendre ; c’est ce langage odieux qu’il osait tenir.
pensée que Bonaparte voulait s’embarquer à Boulogne, mais qu'on a aujourd'huila certitude que les démonstrations de Boulogne sont de fausses démonstrations,qui, quoique coûteuses, le sont beaucoup moins qu’elles 11 s le paraissent au pre-mier coup d’œil... que tous les bâtiments de la flottille pourront être utilisés pourdes usages ordinaires ; que ce soin fait voir que ces préparatifs ne sont que desmenaces, et que ce n’est pas un établissement fixe qu'on voudrait conserver.
Qu'il 11 e fallait point se le dissimuler, que le premier consul était trop rusé etse croyait trop bien établi aujourd'hui pour tenter une opération douteuse où unemasse de force serait compromise. Son véritable projet, autant qu’on en peut jugerpar ses relations extérieures, est l’expédition de l’Irlande , qui se ferait à la foispar l’escadre de Brest et l’escadre du Texel...
L'on ne dit rien sur l’expédition du Texel, quoiqu'on sache qu’elle est prête, eton fait beaucoup de bruit des camps de Saint-Omer, d’Ostende , de Flessinguc. Lagrande quantité de troupes réunies en forme de camps a un but politique. Bona-parte est bien aise de les avoir sous la main, et de les tenir armées en guerre, etde faire un quart de conversion pour retomber sur l’Allemagne s’il croit néces-saire à ses projets de faire la guerre continentale.
Une autre expédition est celle de la Slorée qui est décidément arrêtée. Bona-parte a 40,000 hommes à Tarcntc. L’escadre de Toulon va s’y rendre. 11 espèretrouver une armée auxiliaire de Grecs très-considérable.
Il faut toujours continuer l'affaire du portefeuille, dire que (pour s’accréditer)l’huissier vient de présenter plusieurs morceaux de lettres écrites de la mainmême de Bonaparte ; que l’on peut donc tirer le plus grand parti de cct homme,mais qu'il veut beaucoup d'argent. Le projet est effectivement de livrer ce porte-feuille, dans lequel le premier consul mettra tous les renseignements qu’on désirequ’ils croient, mais, pour qu’ils attachent une grande importance à ce portefeuille,il faut qu'ils avancent de l’argent, au moins cinquante mille livres sterling.
Au citoyen Réal.
Malmaison, 28 ventôse an XII (10 mars 1801).
Je vous prie d’envoyer au citoyen Maret la dernière lettre écrite par Drake,pour qu'il la fasse imprimer à la suite du recueil de pièces relatives à cette affaire.
Je vous prie aussi de mettre deux notes, l’une pour faire connaître que l'aide decamp du général supposé n’est autre chose qu'un officier envoyé par le préfet deStrasbourg ; et l’autre qui fasse connaître que l’huissier était une pure inventionde l’agent, qu'il n’y a pas un huissier ni employé près le gouvernement qui nesoit au-dessus de l’or corrupteur de l’Angleterre.
1 Ce sont les propres expressions employées par M. Drake. Les lettres écritesde sai main furent déposées au sénat, et montrées à tous les agents du corps diplo-matique qui voulurent les voir.