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LIVBE XVI.
Mais tout ceci ne donnait pas les lainières qu’on cherchait. M. Drabeignorait la grande conspiration de George, dont le secret n'avait pasété dispersé; et il n’avait pu, dans sa ridicule confiance, faire aucunerévélation utile. Le premier consul était toujours persuadé que leshommes qui avaient conçu le projet de la machine infernale devaient àplus forte raison préparer quelque chose dans les circonstances pré-sentes; et, frappé de diverses arrestations exécutées à Paris, en Vendée ,en Normandie, il dit à Murat, qui était alors gouverneur de Paris , età M. Réal, qui dirigeait la police : « Les émigrés sont certainement entravail. On a opéré plusieurs arrestations; il faut choisir quelques-unsdes individus arrêtés, les envoyer à une commission militaire, qui lescondamnera, et ils parleront avant de se laisser fusiller. » Ce que nousrapportons ici se passait du 25 au 30 janvier 1804, pendant les entrevuesde Pichegru avec Moreau, et alors que les conjurés commençaient à selivrer au découragement. Le premier consul se lit apporter la liste desindividus arrêtés. Parmi eux se trouvaient quelques-uns des agents deGeorge, venus avant ou après lui, et dans ce nombre un ancien médecindes armées vendéennes, débarqué en août avec George lui-même. Aprèsexamen des circonstances particulières à chacun d’eux, le premierconsul en désigna cinq en disant : » Ou je me trompe fort, ou il y a làquelques hommes informés, qui ne manqueront pas de faire des révé-lations. » Depuis longtemps on n’avait pas appliqué les lois renduesantérieurement, et qui permettaient l'institution des tribunaux mili-taires. Le premier consul, durant la paix, avait voulu les laisser tomberen désuétude ; mais, à la reprise de la guerre, il crut devoir en user,surtout pour les espions qui venaient observer ses préparatifs contrel’Angleterre. Il en avait fait arrêter, juger et fusiller quelques-uns.Les cinq individus par lui désignés furent mis en jugement. Deuxobtinrent leur acquittement ; deux autres, convaincus par l’instruc-tion, de crimes que la loi punissait de mort, furent condamnés, et selaissèrent fusiller sans rien avouer, mais en déclarant qu’ils étaientvenus pour servir la cause du roi légitime, laquelle serait bientôt triom-phante sur les ruines de la république. Ils proférèrent en outre d’af-freuses menaces contre la personne du chef du gouvernement. Le cin-quième, que le premier consul avait particulièrement désigné commecelui qui devait tout dire, déclara, au moment de se rendre au supplice,qu’il avait de grands secrets à découvrir. On lui envoya sur-le-champl'un des employés les plus habiles de la police. Il avoua tout, déclara