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CONSPIRATION DE GEORGE.

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enracinés du pays et du siècle ; pour rappeler les émigrés, il avait bravéles alarmes de la classe la plus ombrageuse, celle des acquéreurs debiens nationaux. Enfin il avait investi quelques-uns de ces royalistesdes fonctions les plus importantes; il commençait même à les placerauprès de sa personne. Quand on compare, en effet, l’état dans lequelil les avait trouvés au sortir du régime de la convention et du direc-toire, et celui où il les avait mis, on ne peut s’empêcher de reconnaîtreque jamais on ne fit plus pour un parti, que jamais on ne fut protec-teur plus généreux, dans des vues de justice plus élevées, et que jamaisune aussi noire ingratitude ne paya une aussi noble conduite. Le pre-mier consul était allé pour les royalistes jusqu’à risquer sa popula-rité , et, ce qui est pis, la confiance de tous les hommes sincèrementet honnêtement attachés à la révolution ; car il avait laissé dire etcroire qu’il songeait à rétablir les Bourbons. Pour prix de ces effortset de ces bienfaits, les royalistes avaient voulu le faire sauter aumoyen d’un baril de poudre en 1800 , et ils voulaient aujourd’hul’égorger sur une grande route; et c’étaient eux qui l'accusaient,dans leurs salons, d’inventer les complots qu’ils avaient ourdis eux-mêmes.

C’est là le sentiment qui remplit promptement son àme ardente, etqui produisit chez lui une réaction soudaine contre le parti coupablede telles ingratitudes. Aussi sa vengeance ne cherchait-elle plus lesrépublicains dans cette occasion : sans doute il n’était pas fâché de voirMoreau réduit à recevoir l’accablant bienfait de sa clémence ; mais ilvoulait faire tomber sur les royalistes tout le poids de sa colère, et ilétait résolu, comme il le disait, à ne leur accorder aucun quartier. Lesrévélations qui suivirent ajoutèrent encore à ce sentiment, et le con-vertirent en une sorte de passion.

Tandis qu’on cherchait George et Pichegru avec le plus grand soin,on opéra de nouvelles arrestations, et on obtint de Picot et de Bouvetde Lozicr des détails plus complets, et plus graves que tous ceux qu’onleur avait arrachés jusqu’ici. Ces hommes, ne voulant pas se donnerpour des assassins, se hâtèrent de raconter qu’ils étaient venus à Paris dans la plus haute compagnie, qu’ils avaient avec eux les plus grandsseigneurs de la cour des Bourbons, notamment MM. de Polignac et deRivière ; et enfin ils déclarèrent positivement qu’ils devaient avoir unprince à leur tète. Ils l’ai tendaient, disaient-ils, à chaque instant; ilscroyaient même que ce prince, tant attendu, devait faire partie du der