LIVRE XVIII.
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nier débarquement, de celui qui était annoncé pour février. On répan-dait parmi eux que c’était le duc de Berri *.
Les dépositions devinrent sur ce point on ne peut pas plus précises,plus concordantes, plus complètes. Le complot acquit aux yeux du pre-mier consul une funeste clarté. Il vit le comte d’Artois, le duc de Berri,entourés d’émigrés, affiliés par Picliegru aux républicains, ayant à leurservice une troupe de sicaires, promettant meme de se mettre à leurtête pour l’égorger dans un guet-apens, qu’ils appelaient un combatloyal, à armes égales. En proie à une sortedefurcur.il n’eut plus qu’undésir, ce fut de s’emparer de ce prince qu’on devait envoyer à Paris parla falaise de Biville. Cette vivacité de langage à laquelle il se livrait,lors de la machine infernale, contre les jacobins, était maintenanttournée tout entière contre les princes et les grands seigneurs qui des-cendaient à un tel rôle. « Les Bourbons croient, disait-il, quon peutverser mon sang comme celui des plus vils animaux. Mon sang cepen-dant vaut bien le leur. Je vais leur rendre la terreur qu'ils veulentm’inspirer. Je pardonne à Moreau sa faiblesse, et l’entraînement d’unesotte jalousie ; mais je ferai impitoyablement fusiller le premier de cesprinces qui tombera sous ma main. Je leur apprendrai à quel homme
1 Extrait de la quatrième déclaration de Louis Picot devant le préfet de police,25 pluviôse (la février).
Tome II, page 398.
A déclaré :
Je suis débarqué avec George entre Dunkerque et la ville d'Eu. J'ignore s'il y aeu des débarquements antérieurs ; il y en a eu deux depuis. II était question d unquatrième débarquement bien plus considérable, qui devait être composé de vingt-cinq personnes : de ce nombre devait être le duc de Berri. J'ignore si ce débar-quement a eu lieu ; je sais que Bouvet et le nommé Armand devaient aller chercherle prince.
Extrait du deuxième interrogatoire de Bouvet, le 30 pluviôse (20 février).
Tome II, pajc 172.
Demande. A quelle époque et de quelle manière croyez-vous que Moreau etPicliegru se soient concertés pour le plan que George était venu exécuter enFrance , et qui tendait au rétablissement des Bourbons?
Béponse. Je crois que depuis longtemps Picliegru et Moreau entretenaient unecorrespondance entre eux; et ce n’est que sur la certitude que Pickegru donna auprince, que Moreau étayait de tous ses moyens un mouvement en France en leurfaveur, que le plan fut vaguement arrêté : le rétablissement des Bourbons ; lesconseils travaillés par Picliegru ; un mouvement dans Paris , et soutenu de la pré-sence du prince ; une attaque de vive force dirigée contre le premier consul ; laprésentation du prince aux armées par Moreau, qui, d'avance, devait avoir pré-paré tous les esprits.