LIVRE XVIU.
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tenues quant, au inode des débarquements, quant à la route mystérieusefrayée entre Biville et Paris , quant à l’existence du petit bâtiment quichaque soir courait des bordées le long de la côte, et semblait toujoursvouloir s’approcher, sans s’approcher jamais. On avait lieu de croireque si les signaux convenus entre les conjurés, n'étant pas faits sur lesommet de la falaise (parce qu'on ne les connaissait pas), ou bien desavertissements ayant été envoyés de Paris à Londres , le nouveau dé-barquement était contrcmandé ou au moins suspendu. Le colonel Savaryavait ordre d’attendre avec une imperturbable patience.
Dans Paris, on saisissait chaque jour la trace de Pichegru ou deGeorge. On avait failli les arrêter, mais chaque fois on les avait manquésd'un instant. Le premier consul, qui ne ménageait pas les moyens,résolut de présenter une loi, dont le caractère prouvera quelle idée onse faisait, au sortir de la révolution, des garanties des citoyens, aujour-d'hui si respectées. On proposa donc au corps législatif une loi parlaquelle tout individu qui recèlerait George, Pichegru et soixante deleurs complices, dont on donnait le signalement, serait puni, non pasde la prison ou des fers, mais de la mort. Quiconque, les ayant vus,ou ayant connu leur retraite, ne les dénoncerait pas, serait puni de sixans de fers. Celte loi formidable, qui ordonnait, sous peine de mort,un acte barbare, fut adoptée, le jour même 1 où elle avait été présentée,sans aucune réclamation.
A peine était-elle rendue, quelle fut suivie de précautions non moinsrigoureuses. On pouvait craindre que les conjurés, pourchassés de lasorte, ne songeassent à prendre la fuite. Paris fut donc fermé. Tout lemonde put y entrer ; personne n’eut la permission d'en sortir, pendantun certain nombre de jours. Pour assurer l'exécution de cette mesure,la garde à pied fut placée par détachements à toutes les portes de la ca-pitale; la garde à cheval fit des patrouilles continuelles le long du murd’octroi, avec ordre d'arrêter quiconque passerait par-dessus le mur,ou de faire feu sur quiconque voudrait s’enfuir. Enfin les matelots de lagarde, distribués dans des canots, stationnèrent sur la Seine , pendantle jour et la nuit. Les courriers du gouvernement avaient seuls la fa-culté de sortir, après avoir été fouillés, et reconnus de manière qu’onne pùt s’y tromper.
Un moment on sembla revenu aux plus mauvais temps de la révo-
Le 28 février.
(F. W.)