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CONSPIRATION DE GEORGE.

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de la police, arrivé le premier, se jeta sur la bride du cheval. Georged’un coup de pistolet retendit roide mort à ses pieds. Il s’élança en-suite du cabriolet pour s’enfuir, et tira un second coup sur un autreagent, qu'il blessa grièvement. Mais, enveloppé par le peuple, arrêtémalgré ses efforts, il fut livré à la force publique, accourue en toutehâte. On le reconnut sur-le-chainp pour ce terrible George qu’oncherchait depuis si longtemps, et qu’on tenait enfin, ce qui produisitdans Paris une joie générale. Ou vivait, en effet, dans une sorte d’op-pression dont on était maintenant soulagé. Avec George venait d’être ar-rêté le serviteur qui l’accompagnait, et qui avait eu à peine le temps defaire quelques pas.

George fut conduit à la préfecture de police. La première émotionpassée, ce chef des conjurés était redevenu parfaitement calme. Il étaitjeune et vigoureux ; il avait les épaules larges, le visage plein, plutôtouvert et serein que sombre et méchant, comme son rôle aurait pu lefaire croire. Il portait sur lui des pistolets, un poignard, et une soixan-taine de mille francs, tant en or qu’en billets de banque. Interrogéimmédiatement, il avoua, sans hésiter, son nom, et le motif de saprésence à Paris . Il était venu, disait-il, pour attaquer lepremier consul,non pas en s’introduisant avec quatre assassins dans son palais, mais enl’abordant ouvertement, en rase campagne, au milieu de sa garde con-sulaire. Il devait agir en compagnie d’un prince français, qui se pro-posait de venir en France , mais qui n’y était pas encore arrivé. Georgeétait presque fier de la nature toute nouvelle de ce complot, qu’il mettaitbeaucoup de soin à distinguer d’un assassinat. Cependant, lui disait-on,vous avez envoyé Saint-Réjant à Paris , pour y préparer la machineinfernale. « Je l’ai envoyé, répondait George, mais je ne lui avais pasprescrit les moyens dont il devait se servir. » Mauvaise justification,qui prouvait bien que George n’était pas étranger à cet horrible attentat !Du reste, sur tout ce qui concernait d’autres que lui, ce hardi conjurés’obstinait à se taire, répétant qu’il y avait assez de victimes, et qu’iln’en voulait pas augmenter le nombre 1 .

1 Extrait du premier interrogatoire de George par le préfet de police,

18 ventôse (9 mars).

Tome II, page 'ÎO.

Nous, conseiller d’Élat, préfet de police, avons fait comparaître par-devant nousGeorge Cadoudal, et l'avons interrogé ainsi qu’il suit :

Demande. Que veniez-vous faire à Paris ?

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