CONSPIRATION DE GEORGE.
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de commettre. L’explication consistait à dire qu’en souffrant ces ras-semblements d’émigrés, on avait obligé le gouvernement français à lesdissiper lui-même que d'ailleurs la nécessité d’agir promptement etsecrètement n'avait pas permis une entente préalable avec le gouver-nement badois.
Il est inutile d’ajouter qu’en donnant ces ordres aux officiers chargésde les exécuter, le premier consul ne prenait pas la peine d’expliquerquelles étaient ses intentions en enlevant le prince, ni ce qu'il voulaitfaire de lui. Il commandait en général à des hommes qui obéissaienten soldats. Cependant le colonel Caulaincourt, que des relations denaissance attachaient à l’ancienne famille royale, et particulièrementaux Condés était profondément triste, bien qu’il n'eût pour sa partqu'une lettre à porter, et qu’il fût bien loin de prévoir l'horrible ca-
le premier consul, par l’arrestation successive des brigands envoyés en France parle gouvernement anglais , comme la marche et le résultat des procès qui sontinstruits ici, reçut connaissance de toute la part que les agents anglais à Offenbourg avaient aux terribles complots tramés contre sa personne et contre la sûreté de laFrance. Il a appris de même que le duc (TEughicn et le général Dumouriez se trou-vaient à Ettenlicim ; et comme il est impossible qu’ilsse trouvent en cette ville sansla permission de son S. A. E., le premier consul n'a pu voir sans la plus profondedouleur, qu’un prince auquel il lui avait plù de faire éprouver les effets les plussignalés de son amitié avec la France , pût donner asile à ses ennemis les pluscruels, et leur laissât ourdir tranquillement des conspirations aussi inouïes. A cetteaccusation aussi extraordinaire, le premier consul a cru devoir donner, à deuxpetits détachements, l’ordre de se rendre à Offenbourg et à Ettenheim.poury saisirles instigateurs d'un crime qui, par sa nature, met hors du droit des gens tous ceuxqui manifestement y ont pris part. C’est le général Caulaincourt qui, à cet égard ;est chargé des ordres du premier consul ; vous ne pouvez douter qu'en les exécu-tant, il n’observe tous les égards que S. A. peut désirer. Il aura l'honneur deremettre à V. E. la lettre que je suis chargé de lui écrire,u Paris , ce 20 ventôse an Xll^llmars 180<i}.
» Cil. M. Tai.lf.ïraxd. »
Plusieurs écrivains ont parlé delà violation du territoire badois dans les termes lesplus véhéments,et l’ont reprochée à la France comme une monstruosité politique ;j’observerai que le grand-duc de Bade fut loin de l’envisager sous ce point de vue,et qu'il se contenta, le lendemain de l’arrestation du duc d’Enghien, de fairepublier contre les émigrés un simple décret, dont l'original existe encore auxarchives de Carslrulie, et qui porte entre autres ce passage remarquable : « Legouvernement français venant de requérir l’arrestation de certains émigrés dénom-més, impliqués dans le complot tramé contre la constitution, et une patrouillemilitaire venant de faire l’arrestation des personnes comprises dans cette classe,le moment est venu où S. A. E. est obligée de voir que le séjour des émigrés dansses Étals est préjudiciable au repos de l’empire et suspect au gouvernement fran-çais . » (F. W.)