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tastropbe qui sc préparait. Le premier consul ne parut pas y prendregarde, et leur enjoignit à tous de se mettre en route au sortir desTuileries.
Les ordres qu’il venait de donner furent ponctuellement exécutés.Cinq jours après, c'est-à-dire le 15 mars, le détachement de dragons,avec toutes les précautions ordonnées, partit de Schelestadt , passa leRhin, surprit et enveloppa la petite ville d’Ettenheim , avant qu’aucunenouvelle de ce mouvement pût y parvenir. Le prince, qui avait reçuantérieurement des conseils de prudence, mais qui au moment memen'eut point d’avis positif de l’expédition dirigée contre sa personne, setrouvait alors dans la demeure qu’il avait coutume d’habiter à Ettenheim .Eu sc voyant assailli par une troupe armée, il voulut d’abord se défendre,mais il en comprit bientôt l'impossibilité. Il se rendit, déclara lui-mème son nom à ceux qui le cherchaient sans le connaître, et, avec unvif chagrin de perdre sa liberté, car l’étendue du péril lui était encoreinconnue, il se laissa conduire à Strasbourg , et enfermer dans la cita-delle.
On n’avait découvert ni les papiers importants qu’on avait espéré seprocurer, ni le général Dumouriez qu’on supposait auprès du prince,ni aucune de ces preuves du complot tant alléguées pour motiver l’ex-pédition. Au lieu du général Dumouriez , on avait trouvé le marquisde Thumery et quelquesautresémigrésdepeu d’importance. Le rapportcontenant les stériles détails de l’arrestation fut envoyé immédiatementà Paris .
Le résultat de l’expédition aurait dù éclairer le premier consul et sesconseillers sur la témérité des conjectures qu’on avait formées. L’erreursurtout commise au sujet du général Dumouriez était fort significative.Voici les idées qui s’emparèrent malheureusement du premier consul,et de ceux qui pensèrent comme lui en cette circonstance. On tenaitl’un de ces princes de Bourbon, auxquels il en coûtait si peu d’ordonnerdes complots, et qui rencontraient des imprudents et des fous toujoursprompts à se compromettre à leur suite, il eu fallait faire un exempleterrible, ou s'exposer à provoquer un rire de mépris de la part desroyalistes, en relâchant le prince après l’avoir enlevé. Ils ne manque-raient pas de dire qu’après s ètre rendu coupable d'une étourderie enl’envoyant prendre à Ettenheim , on avait eu peur de l’opinion publique,peur de l’Europe ; qu’en un mot, ou avait eu la volonté du crime, maisqu’on n’en avait pas eu le courage. Au lieu de les faire rire, il valait