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LIVRE XXV.

coutume d’envahir dès le début des opérations. Son système d’ali-mentation consistait à vivre chaque soir sur le pays occupé, à s’étendreassez pour se nourrir, pas assez pour être dispersé, et puis à traîneraprès soi, dans des caissons, le pain de plusieurs jours. Cet approvi-sionnement, ménagé avec soin, et renouvelé dès qu’on s’arrêtait, ser-vait pour les cas de concentrations extraordinaires, qui précédaient etsuivaient les batailles. Pour les transporter, Napoléon avait calculéqu’il lui fallait deux caissons par bataillon, et un caisson par escadron.En y joignant les voitures nécessaires aux malades et aux blessés ,quatre ou cinq cents caissons devaient suffire à tous les besoins del’armée. Il défendit expressément qu’aucun officier, qu’aucun généralfit servir à son usage les charrois destinés aux troupes. Les transportsétaient exécutés alors par une compagnie, qui, louait à l’État ses cais-sons tout attelés. Ayant découvert que l’un des maréchaux, favorisépar cette compagnie, avait plusieurs voilures à sa disposition, Napo-léon réprima cette infraction aux règles avec la dernière sévérité, etrendit le prince Berthier responsable de l’accomplissement de sesordres. L’armée était alors exempte des abus que le temps, la richessecroissante de ses chefs, y introduisirent bientôt.

Napoléon commanda ensuite de grands amas de grain tout le longdu Rhin , et une immense fabrication de biscuit. Ces vivres devaientêtre réunis à Mayence, et de Mayence dirigés par la navigation duMein sur Wurlzbourg. Située dans la haute Franconic, tout près desdéfilés qui aboutissent en Saxe, et dominée par une excellente cita-delle, Wurtzbourg devait être notre base d’opération. Napoléon re-chercha si, dans les environs, il n’y aurait pas encore d’autres postesfortifiés. Les officiers envoyés secrètement en reconnaissance ayant dé-signé Forcheim et Kronach , il ordonna de les armer, et d’y mettreen sûreté les vivres, munitions, outils, dont il avait prescrit laréunion.

Wurlzbourg appartenait depuis quelques mois à l’archiduc Ferdi-nand, celui qui avait été successivement grand-duc de Toscane,électeur deSalzbourg, et enfin, depuis la dernière paix avec l’Autriche ,duc de Wurtzbourg . Ce prince sollicitait son adjonction à la confédé-ration du Rhin , au milieu de laquelle ses nouveaux États se trouvaientenclavés. Il était doux, sage, aussi bien disposé envers la France quepouvait l’ètre un prince autrichien ; et on était assuré d’obtenir de luitoutes les facilités désirables pour les préparatifs qu’on voulait faire.