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IÉNA . 29

Wurtzbourg devint donc le centre des rassemblements d’hommes etde matériel ordonnés par Napoléon .

L’argent ne manquait plus depuis la crise financière de l’hiver précé-dent. Napoléon , d’ailleurs, avait dans le trésor de l’armée une précieuseressource. Sans dépenser ce trésor, exclusivement consacré aux dota-tions de ses soldats, il y faisait des emprunts, que l’État devait rem-bourser ensuite, en payant l’intérêt et le capital des sommes empruntées.Napoléon avait envoyé beaucoup de numéraire à Strasbourg , et confiédes fonds au prince Berthier, pour vaincre par la puissance de l’argentcomptant les obstacles que rencontrerait l’exécution de ses volontés.

La garde impériale avait voyagé en poste, comme on l’a vu, grâceaux relais de charrettes préparés sur la route. On avait expédiéainsi 5,000 grenadiers et chasseurs à pied. Ne pouvant user de cemode de transport pour la cavalerie et l’artillerie, on achemina par lavoie ordinaire les grenadiers et les chasseurs à cheval, formant prèsde 5,000 chevaux, ainsi que le parc d’artillerie de la garde, fortde 40 bouches à feu. C’était une réserve de 7,000 hommes, propre àparer à tous les accidents imprévus. Napoléon , aussi prudent dansl’exécution'que hardi dans la conception de ses plans, faisait grand casdes réserves, et c’était surtout pour s’en créer une qu’il avait instituéla garde impériale. Mais, prompt à découvrir les inconvénients attachésaux plus excellentes choses, il trouvait l’entretien de celte garde tropdispendieux, et craignait, pour la recruter, d’appauvrir l’armée ensujets de choix. Les vélites, espèce d’engagés volontaires, dont il avaitimaginé la création, pour augmenter la garde sans puiser dans l’armée,lui avaient paru trop coûteux aussi, et pas assez nombreux. Il ordonnadonc de composer, sous le titre de fusiliers de la garde , un nouveaurégiment d’infanterie, dont tous les soldats seraient choisis dans lecontingent annuel, dont les officiers et sous-officiers seraient pris dansla garde, qui porterait l’uniforme de celle-ci, qui servirait avec elle,serait seulement traité en jeune troupe, c’est-à-dire moins ménagé aufeu, jouirait d’une très-légère augmentation de solde, et aurait bientôttoutes les qualités de la garde elle-même, sans coûter autant et sanspriver 1’arm.ée de ses soldats les meilleurs. En attendant le résultat decelte ingénieuse combinaison, Napoléon eut recours au moyen déjàusité d’extraire des corps, et de réunir en bataillons, les compagniesde grenadiers et celles de voltigeurs. C’est ainsi qu’avaient été formés,en 1804, les grenadiers d’Arras , devenus depuis grenadiers Oudinot.

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