IÉNAÏ
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Napoléon fut reçu dans le palais des anciens évêques de Wurtzbourg ,palais magnifique, peu inférieur à celui de Versailles , pompeux mo-nument des richesses de )’ église germanique, autrefois si puissante etsi grandement dotée, maintenant si pauvre et si déchue. Il eut avecl’archiduc Ferdinand un long entretien sur la situation générale deschoses, et particulièrement sur les dispositions de la cour d’Autriche ,dont ce prince était le plus proche parent, puisqu’il était lrére del’empereur François, et dont il avait une parfaite connaissance. Leduc de Wurtzbourg , ami de la paix, ayant les lumières des princesautrichiens élevés en Toscane, désirait dans l’intérêt de son repos uurapprochement entre l’Autriche et la France . Il prit occasion desderniers événements pour parler à Napoléon de la grave question desalliances, pour décrier auprès de lui celle de la Prusse, et vanter cellede l’Autriche . Il essaya de lui suggérer quelques-unes des idées quiavaient prévalu dans le dernier siècle, lorsque les deux cabinets deVersailles et de Vienne, unis contre celui de Berlin , étaient liés à lafois par une guerre commune et par des mariages. Il lui rappela quecette alliance avait été l’époque brillante de la marine française , ets’efforça de lui démontrer que la France , puissante sur le continentplus quelle n’avait besoin de l’ètre, manquait actuellement de laforce maritime nécessaire pour rétablir et protéger son commerce,détruit depuis quinze années. Ce langage n’avait rien de nouveau pourNapoléon, car M. de Talleyrand le faisait tous les jours retentir à sesoreilles. Leduc de Wurtzbourg parut croire que la cour de Vienne saisi-rait volontiers cettç occasion de se rapprocher de la France , et de secréer en elle un appui, au lieu d’un ennemi sans cesse menaçant.Napoléon, disposé par les circonstances présentes à acoueillir depareilles idées, en fut tellement touché qu’il écrivit lui-mème à sonambassadeur, M. de la Itocheloucauld, et lui ordonna de faire àVienne des ouvertures amicales, ouvertures assez réservées pour quesa dignité n’en souffrît pas, assez significatives pour que l’Autriche sûtqu’il dépendait d’elle de former avec la France des liaisons intimes
1 Nous citons la lettre suivante, écrite par Napoléon à M. de la Rochefoucauld ,comme preuve des dispositions que nous lui prêtons en ce moment. Il ne faut attri-buer les expressions violentes dont il se sert en parlant de la Prusse, qu’a l’irrita-i on que lui inspirait la conduite inattendue de cette cour à son égard. Ce n’est pasdans ces termes qu’il s’exprimait ordinairement, surtout envers le roi de Prusse ,