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LIVRE XXV.

de l’impératrice et de M. de Talleyrand , s’arrêta quelques heures àMetz pour voir la place, et se dirigea ensuite sur Mayence, où ilarriva le 28. Il apprit dans cette ville qu’un courrier de Berlin , quidevait lui remettre les dernières explications de la cour de Prusse ,avait croisé sa marche avec la sienne, et continuait de courir versParis. Il ne pouvait donc obtenir qu’en s’avançant en Allemagne leséclaircissements délinitifs qu’il attendait. Il vit à Mayence le maréchalKellermann, préposé à l’organisation des dépôts, le maréchal Mortier,chargé de commander le huitième corps, et leur expliqua de nouveaucomment ils avaient à se conduire en cas d’événement. Il fit compléterles approvisionnements de Mayence; il apporta quelques modificationsàj’armcmcnt de la place ; il pressa le départ des jeunes soldats tirésdes dépôts, le transport des vivres et des munitions destinés à passerdu Rhin dans le Mcin, puis à remonter par le Mein jusqu’à Wurtzbourg .Une troupe d’officiers d’ordonnance, courant dans toutes les directions,se présentant à chaque instant pour lui rendre compte des missionsqu’ils avaient remplies, et habitués à ne rien affirmer qu’ils ne l’eussentvu de leurs yeux, allaient et venaient sans cesse, pour lui faireconnaître l'état vrai des choses, et le point auquel était parvenuel’exécution de ses ordres. A Mayence, Napoléon renvoya sa maisoncivile, pour ne garder auprès de lui que sa maison militaire. Il ne putse défendre d’un moment d’émotion eu voyant couler les larmes del’impératrice. Quoique plein de confiance, il finissait par céder lui-même à l’inquiétude générale que faisait naître autour de lui laperspective d’une longue guerre au nord, dans des régions lointaines,contre des nations nouvelles. Il se sépara donc avec quelque peine deJoséphine et de M. de Talleyrand, et s’avança au delà du Rhin ,bientôt distrait par ses vastes pensées, par le spectacle d’immensespréparatifs, d’un genre d’émotion qu’il écartait volontiers de son cœur,plus volontiers encore de son visage impérieux et calme.

Une grande affluence de généraux et de princes allemands l’atten-daient à Wurtzbourg , pour lui offrir leurs hommages. Le nouveauduc de Wurtzbourg , propriétaire et souverain du lieu, avait précédétous les autres. Ce prince, qu’il avait connu en Italie , rappelait àNapoléon les premiers jours de sa gloire, ainsi que les relations lesplus amicales, car c’était le seul des souverains italiens qu’il n’eût pastrouvé occupé à nuire à l’armée française. Aussi n’avait-il été amenéqu’avec peine à lui faire subir sa part des vicissitudes générales.