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I-IVRE XXV.
coupé les Français qui étaient sur le haut Mein de ceux qui se trou-vaient sur le bas Mein, se serait interposé entre Wurtzbourg qui étaitle centre de leurs rassemblements, et Mayence qui était leur based’opération. De plus il aurait agi avec 140,000 hommes réunis, ettenté l’offensive avec la masse de forces qu’il y faut consacrer, quandon ose la prendre. Mais quel que fût le plan qu’on adoptât, pour qu’ileût des chances de réussir, il fallait, premièrement, que l’armée prus-sienne fût, sinon égale en qualité h l’armée française, capable au moinsde supporter sa rencontre ; secondement, qu’on devançât Napoléon,et qu’on le surprît avant qu’il eût concentré toutes ses forces surWurtzbourg . Or le duc de Brunswick avait donné ses ordres de mou-vement pour le 10 octobre, et Napoléon était à Wurtzbourg le 3, â latête de ses forces rassemblées, et en mesure de faire face à tous lesévénements.
Tandis qu’on disputait ainsi sur ces plans offensifs, tous fondés surla donnée ridVule de surprendre les Français le 10 octobre, lorsqueNapoléon était dçiâ le 3 au milieu de ses troupes réunies , on appritson arrivée à Wurtzbourg , et on commença d’entrevoir ses dispositions.On comprit dès lors qu’on avait mal calculé en mesurant son activitésur celle qu’on avait soi-méme, et le duc de Brunswick, qui, sans pos-séder le coup d’oeil, la résolution, l’activité d’un grand général, étaitdoué néanmoins d’un jugement exercé, sentit plus vivement le dangerd’aller affronter l’armée française déjà formée, et ayant Napoléon h satête. Il renonça dès cet instant à des projets d’offensive, conçus parcondescendance , et s’attacha de plus en plus à la position défensiveprise derrière la forêt de Thuringe . Il s’efforça de démontrer à tousceux qui l’entouraient les avantages de cette position , car, leur répé-tait-il sans cesse, si Napoléon passait par Kœnigshofen, Eisenach ,Gotha, Erfurt, ce qui l’amenait en Allemagne par la grande route cen-trale, on pouvait lq prendre en flanc , au moment où il déboucheraitdes montagnes; si, au contraire, il se présentait par les défilés abou-tissant de la Franconie en Saxe, sur la haute Saale , on occupait le coursde cette rivière, et on l’attendait de pied ferme derrière ses bordsescarpés. D’autres raisons, que le duc de Brunswick n’avouait pis, luiinspiraient pour cette position une préférence décidée. Au fond il blâ-mait la guerre, et il venait de découvrir avec joie une chance de laconjurer. A en croire les rapports des espions, Napoléon faisait exé-cuter de grands travaux défensifs vers Schweinfurt , sur la route même