Band 
[7. - 8.]
Seite
63
JPEG-Download
 

IÉNA . 63

les projets de Napoléon , que lui seul avait imag'ué le vrai moyeu deles déjouer, en proposant de le devancer dans les détilés de la Franco-nie, flottait entre mille pensées diverses. Tantôt il inclinait à exécuterles ordres du duc de Brunswick et à repasser la Saale , tantôt il formaitla folle résolution de se porter vers Mittel-Pôllnitz, pour y livrer ba-taille, et donnait ainsi à ses troupes, peu propres à la marche, chargéesde bagages, mal approvisionnées, des ordres et contre-ordres qui lesdésespéraient. Sur ces entrefaites, le prince Louis, impatient de ren-contrer les Français , et voulant à tout prix devenir l'avant-garde del’armée prussienne, avait obtenu qu’on le laissât à Saalfeld , où il étaitencore le 10 octobre au matin.

C’est vers ce point que la colonne française de gauche devait mar-cher, aussitôt quelle aurait débouché de Grafenthal . Parvenu le 9 à

n'est pas encore faite, si ce n'est par des postes de cavalerie qui ne signifient rien.

Le maréchal Lannes n'arrive qu'aujourd'hui à Saalfeld , à moins que l’ennemin’y soit en forces considérables.

Ainsi les journées des 10 et 11 seront perdues pour marcher en avant. Sima jonc-tion est faite, je pousserai jusqu’à Neustadt et Triplitz. Après cela, quelque choseque fasse l’ennemi, s’il m'attaque, j’en serai enchanté ; s’il se laisse attaquer, je nele manquerai pas. S'il file par Magdebourg, vous serez avant lui à Dresde . Je dé-sire beaucoup une bataille. Si l’ennemi a voulu m’attaquer, c’est qu’il a une grandeconfiance dans ses forces. 11 n’y a point d’impossibilité alors qu’il attaque. C’est cequ'il peut me faire de plus agréable. Après cette bataille, je serai avant lui àDresde et à Berlin .

J'attends avec impatience ma gardeà cheval ; 40 pièces d’artillerie et 3.000 che-vaux comme ceux-là ne sont pas à dédaigner. Vous voyez actuellement mes pro-jets pour aujourd'hui et demain. Vous êtes maître de vous conduire comme vousl’entendrez ; mais procurez-vous du pain, afin que, si vous venez me joindre, vousen ayez pour quelques jours.

Si vous trouvez à faire quelque chose contre l’ennemi à une marche de vous,vous pouvez le faire hardiment. Établissez de petits postes de cavalerie pour cor-respondre rapidement de Schleitz à Plauen . Jusqu’à cette heure, il me semble quela campagne commence sous les plus heureux auspices.

J'imagine que vous êtes à Plauen . 11 est très-convenable que vous vous en em-pariez.

Faites-moi connaître ce que vous croyez avoir devant vous. Rien de ce qui étaità Hof ne s'est retiré par Dresde .

P. S. Je reçois à l’instant votre dépêche du 9 à six heures du soir. J’approuve lesdispositions que vous avez faites. Le renseignement que les 1,000 chevaux quiétaient à Plauen sc sont retirés à Géra ne me laisse point de doutes que Géra nesoit le point de réunion de l’armée ennemie. Je doute qu’elle puisse s’y réunir en-tièrement avant que j’y sois. Au reste, dans la journée je recevrai d’autres ren-seignements et j’aurai des idées plus précises. Vous-même à Plauen , les lettres in-terceptées à la poste vous en fourniront.