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IÉNA . 71

prussienne s’était montrée si peu supérieure à celle des arméesautrichiennes et russes .

Le duc de Brunswick, impatient de se dérober au sort tant redoutédu général Mack, prit le parti de décamper immédiatement, et de seporter sur l’Elbe à marches forcées, en se couvrant de la Saale , ce quientraînait l’abandon de Leipzig, de Dresde et de toute la Saxe auxFrançais . Le prince de Hohcnlohe, après s’ètre tardivement décidé àrepasser la Saale, campait sur les hauteurs d’Iéna . Le duc de Brunswicklui enjoignit d’y rester pour fermer ce débouché, pendant que l’arméeprincipale, filant derrière l’armée de Silésie , irait joindre la Saale àNaumbourg, et la descendrait jusqu’à l’Elbe .

Il ordonna au général Rucliel de s’arrêter à Weimar le temps néces-saire pour rallier l’avant-garde, engagée dans une reconnaissance inu-tile au delà de la forêt de Thuringe , et quant à lui, emmenant les cinqdivisions de l’armée principale, il résolut de décamper le 15, de suivrela grande route de Weimar à Leipzig, jusqu’au pont de Naumbourg ,de laisser à ce pont trois divisions pour le garder, tandis qu’avec deuxautres il irait s’assurer du passage de l’Unstrut , l’un des affluents dela Saale , puis cet obstacle franchi, de replier les trois divisions postéesà Naumbourg , d’attirer à lui le prince de Hohenlolie et le généralRuchel demeurés en arrière', et de longer ainsi les bords de la Saale jusqu’à la jonction de cette rivière avec l’Elbe , aux environs de Magde-bourg.

Tel fut le plan de retraite adopté par le duc de Brunswick. Cen’était pas la peine de quitter la ligne défensive de l’Elbe , dont onn’aurait jamais dù s’écarter, pour la rejoindre sitôt, et avec de si grandsdangers.

En conséquence, l’armée principale reçut l’ordre de se mettre enmouvement dans la journée même du 15 octobre. Le prince de Ho-henlohe reçut celui d’occuper les hauteurs d’Iéna , et de fermer cepassage tandis que les cinq divisions du duc de Brunswick, quittantWeimar, iraient coucher le soir à Naumbourg . Ces cinq divisionsdevaient se suivre à une lieue les unes des autres, et faire six lieuesdans la journée. Ce n’est pas ainsi que marchaient les Français quandils avaient un but important à atteindre. Weimar évacué, le généralRuchel devait s’y porter immédiatement. Toutes ces dispositions étantarrêtées et communiquées à ceux qui étaient chargés de les exécuter,l’armée du duc de Brunswick se mit en marche, ayant en tête le roii