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LIVKE XXV.

prussien. Le duc de Brunswick, qui avait montré jusque-là une assezgrande justesse de raisonnement, et qui avait paru apprécier les avan-tages de la position occupée, dans les divers cas possibles, le duc deBrunswick, maintenant que l’un de ces cas, et le plus prévu, se réali-sait, semblait avoir subitement perdu le sens, et voulait décamper entoute liàte. Le mouvement du maréchal Davoust sur Naumbourg avaitété pour lui un trait de lumière. 11 avait conclu de l’apparition de cemaréchal sur Naumbourg que Napoléon voulait, non pas livrer bataille,mais précipiter sa marche vers l'Elbe, couper les Prussiens de la Saxe ,et même de la Prusse , comme il avait coupé le général Mack de laBavière et de l’Autriche . La crainte d’ètre enveloppé, ainsi que l’avaitété le général Mack', et réduit comme lui à poser les armes, troublaitl’esprit ordinairement juste de ce malüeureux vieillard. 11 voulait doncpartir à l’instant pour gagner l’Llbe. En Prusse, ou s’était raillé avec sipeu de pitié, avec si peu de justice, de l'infortuné Mack, qu’on perdaitla raison à la seule idée de se trouver dans la même position, et que,pour l’éviter, on s’exposait à tomber dans d’autres positions qui nevalaient pas mieux. Cependant la situation actuelle était loin de res-sembler à celle du général autrichien. Le duc de Brunswick pouvaitbien être débordé, séparé de la Saxe , par un mouvement rapide deNapoléon sur l’Elbe, peut-être devancé sur Berlin , mais il était impos-sible qu’il lût enveloppé et obligé de capituler. Soit qu’il perdit unebataille sur la Saalc, soit qu’il lut prévenu sur l’Elbe , il avait uneretraite assurcevers Magdebourget le bas Elbe , et bien qu’il fùtexposéà y arriver en mauvais état, il ne pouvait être pris dans les vastesplaines du Nord, comme les Autrichiens dans le coupe-gorge de lavallée du Danube . D’ailleurs, tandis que l’armée du général Mackcomptait tout au plus 70,000 hommes, celle du duc de Brunswick encomptait 144,000, en ralliant le duc de Weimar , et une telle arméen’est pas facile à envelopper, au point d’etre réduite à poser les armes.Mais puisqu’on avait tant voulu combattre , tant désiré rencontrer lesFrançais , songé même à passer les montagnes aün d’aller les chercheren Franconie , pourquoi, lorsqu’on les rencontrait enfin sur un terrainexcellent pour soi, très-difficile pour eux, pourquoi ne pas s’y établiren masse , afin de les précipiter dans le lit profond et rocailleux de laSaale , à l’instant où ils tenteraient de s’élever sur les hauteurs? Maistout sang-froid avait disparu, depuis que l’ennemi qu’on bravait deloin était si près, depuis qu’à Schleitz et Saalfcld la qualité de l’armée