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LIVEE xxv.

entendait sur le Landgrafenbcrg ayant répandu une sorte d’émoi, et legénéral Tauenzien demandant du secours, le prince de Hohenlohe fitprendre les armes à la brigade saxonne de Cerrini, à la brigade prus-sienne de Sanitz , à plusieurs escadrons de cavalerie, et dirigea cesforces vers le Landgrafenbcrg, pour en chasser les Français , qu’ilcroyait à peine établis sur ce point. Au moment où il allait exécutercette résolution , le colonel de Massenbach lui apporta de la part duduc de Brunswick l’ordre réitéré de n’engager aucune action sérieuse,de se borner à bien garder les passages de la Saale , et surtout celuide Dornbourg qui inspirait des inquiétudes, parce qu’on y avait aperçuquelques troupes légères. Le prince de Hohenlohe , devenu le plusobéissant des lieutenants, lorsqu’il aurait fallu ne pas l’ètre, s’arrêtatout à coup devant ces injonctions du quartier général. Il était singu-lier néanmoins, pour obtempérer à l’ordre de ne pas engager une ba-taille, d’abandonner le débouché par lequel on devait le lendemain enrecevoir une désastreuse. Quoi qu’il en soit, renonçant à reprendre leLaudgrafenberg, il se contenta d’envoyer la brigade saxonne Cerriniau général Tauenzien, cl de placer à Nerkwitz, en face de Dornbourg,sous les ordres du général llolzeudorf, la brigade prussienne Sanitz ,les fusiliers de Pelet, un bataillon de Schiimnelpfcnnig, enfin plu-sieurs détachements de cavalerie et d’artillerie. Il expédia quelqueschevau-légers à Dornbourg même, pour savoir ce qui s’y passait. Leprince de Hohenlohe s’en tint à ces dispositions ; il revint à son quar-tier général de Capellendorf, près de Weimar , se disant qu’avec 50,000hommes, et même î0,000 en comptant le corps de Ruchel, gardévers Dornbourg par le général llolzendorf, vers Iéna par le généralTauenzien, faisant front vers la chaussée d’Iéna à Weimar , il puniraitles deux maréchaux Lannes et Augereau de leur audace, s’ils osaientl’a ttaquer avec les 50,000 ou 40,000 Français dont ils pouvaient dis-poser , et rétablirait l’honneur des armes prussiennes gravement com-promis à Schleitz et à Saalfeld .

Napoléon , debout avant le jour, donnait ses dernières instructionsà ses lieutenants, et faisait prendre les armes à ses soldats. La nuitétait froide, la campagne couverte au loin d’un brouillard épais, commec clui qui enveloppa pendant quelques heures le champ de batailled’Austerlitz. Escorté par des hommes portant des torches, Napoléon parcourut le front des troupes, parla aux officiers et aux soldats, leurexpliqua la position des deux armées, leur démontra que les Prus-