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siens étaient aussi compromis que les Autrichiens l’année précédente,que, vaincus dans cette journée , ils seraient coupés de l’Elbe et del’Oder, séparés des Eusses, et réduits à livrer aux Français la monar-chie prussienne tout entière ; que, dans une telle situation, le corpsfrançais qui se laisserait battre ferait échouer les plus vastes desseins,et se déshonorerait à jamais. Il les engagea fort à se tenir en gardecontre la cavalerie prussienne, et à la recevoir en carré avec leur fer-meté ordinaire. Les cris : en avant ! vive l’empereur ! accueillirentpartout ses paroles. Quoique le brouillard fut épais, à travers son épais-seur même les avant-postes ennemis aperçurent la lueur des torches,entendirent les cris de joie de nos soldats, et allèrent donner l’alarmeau général Tauenzien. Le corps de Latines s’ébranlait en ce momentau signal de Napoléon. La division Suchet, partagée en trois brigades,s’avançait la première. La brigade Claparède, composée du 17' légeret d’un bataillon d’élite, marchait en tète, déployée sur une seuleligne. Sur les ailes de cette ligne, et pour la garantir des attaques dela cavalerie, les 54' et 40” régiments, formant la seconde brigade,étaient disposés en colonne serrée. La brigade Vedel, déployée, fer-mait cette espèce de carré. A gauche de la division Suchet, mais unpeu en arrière, venait la division Gazan, rangée sur deux ligues, etprécédée par son artillerie. On s’avança ainsi, en tâtonnant dans lebrouillard. La division Suchet se dirigeait sur le village de Closewitz qui était à droite, la division Gazan se dirigeait sur le village deCospoda qui était à gauche. Les bataillons saxous de Frédéric-Auguste et de Rechten, le bataillon prussien de Zweifel, apercevant à travers lebrouillard une masse en mouvement, firent feu tous ensemble. Le17' léger supporta ce feu, et le rendit immédiatement. On se fusillaainsi quelques instants, voyant la lueur, entendant le bruit de lafusillade, mais sans se distinguer les uns les autres. Les Français, ens’approchant, finirent par découvrir le petit bois qui entourait le vil-lage de Closewitz . Le général Claparède s’y jeta vivement, et, à lasuite d’un combat corps à corps, l’eut bientôt emporté , ainsi que levillage de Closewitz lui-mème. Après avoir privé de cet appui la lignedu général Tauenzien, on continua de marcher sous les balles quipartaient du sein de cette brume épaisse. La division Gazan, de soncôté, déborda le village de Cospoda, et s’y établit. Entre ces deux vil-lages, mais un peu plus loin, se trouvait un petit hameau, celui deLulzenrode, occupé par les fusiliers d’Erichsen. La division Gazanvu. 4