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cavalerie prussienne. Cette contenance héroïque était faite pour dissipertout mécontentement. Napoléon envoie le général Bertrand avec deuxrégiments de cavalerie légère, les seuls qu’il eût sous la main en l’ab-sence de Murat,pour contribuer à dégager le maréchal Ney, et ordonneà Lannes d’avancer avec son infanterie. L’intrépide Ney, en al tendantqu’on le dégage, ne se déconcerte pas. Tandis qu’il renouvelle avecquatre régiments à cheval les charges de sa cavalerie, il porte le 25'd’infanterie légère à sa gauche , afin de s’appuyer au bois d’Iserstedt,qu’Augereau s’efforcait d’atteindre de son côté; il fait avancer lebataillon de grenadiers jusqu’au petit bois qui avait protégé ses chas-seurs , et lance le bataillon de voltigeurs sur le village de Yierzehn-Heiligen, pour s’en emparer. Mais au même instant Lannes, venant àson secours, jette dans ce village de Vicrzchn-Hciligen le 21' régimentd’infanterie légère, et, se mettant de sa personne à la tète des100', 103', 54’, 64 e , 88’ de ligne, il débouche en face de l’infanterieprussienne du général Grawert. Celle-ci se déploie devant le village deVierzehn-IIeiligen, avec une régularité de mouvement due à de longsexercices. Elle se range en bataille, et commence un feu de mousque-terie régulier et terrible. Les trois petits détachements de Ney souffrentcruellement, mais Lannes, s’élevant sur la droite de l’infanteriedu général Grawert, tâche de la déborder, malgré les charges répétéesde la cavalerie du prince de Hohenlohe qui vient l’assaillir dans samarche.
Le prince de Hohenlohe soutient bravement ses troupes au milieudu danger. Le régiment de Sanitz se débande, il le reforme sous lefeu. Il veut ensuite faire enlever à la baïonnette par le régiment deZastrow le village de Vierzehn-Heiligen, espérant par là décider la vic-toire. Cependant on lui annonce que d’autres colonnes ennemies com-mencent à paraître , que le général Holzcndorf, aux prises avec desforces supérieures, ne se trouve pas en mesure de le seconder, que legénéral Ruchel toutefois est près de le joindre avec son corps d’armée.Il juge alors qu’il convient d’attendre ce puissant secours, et fait cou-vrir d’obus le village de Vierzehn-Heiligen , voulant l’attaquer par lesflammes avant de l’attaquer avec ses baïonnettes. Il envoie en mêmetemps officiers sur officiers au général Ruchel, pour le presser d’ac-courir, et lui promettre la victoire s’il arrive en temps utile, car, selonlui, les Français sont sur le point de reculer. Vaine illusion d’un cou-rage bouillant mais aveugle ! A cette heure, la fortune en décide autre-