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LIVRE XXV.
les divisions Sucliet etGazan, se déployait sur les plateaux conquis lematin, et qu’à gauche, le maréchal Augereau, s’élevant du fond duMühlthal, avait gagné le village d'Iserslcdt, le maréchal Ney , dans sonardeur de combattre, s'était avancé avec ses trois mille hommesd’élite, caché par le brouillard , et avait pris place entre Lannes etAugereau, en face du village de Vierzehn-IIeiligen, qui occupait lemilieu du champ de bataille. Il arrivait au moment même où le princede Ilolienlohe accourait à la tcte de la cavalerie prussienne. Se trouvanttout à coup en face de l’ennemi, il s’engage avant que l’empereur aitordonné la reprise de l’action. L’artillerie à cheval du prince deHohenlohc s’étant déjà mise en batterie, Ney lance sur celte artilleriele 10 e de chasseurs. Ce régiment, profilant d’un petit bouquet de boispour se former, en débouche au galop, s’élève par sa droite sur le flancde l’artillerie prussienne, sabre les canonniers, et enlève sept piècesde canon, sous le feu de toute la ligne ennemie. Mais une masse decuirassiers prussiens fond sur lui, et il est obligé de se retirer précipi-tamment. Ney lance alors le 5 e de hussards. Ce régiment manœuvrecomme avait fait le 10' de chasseurs, profite du bouquet de bois pourse former, s’élève sur le flanc des cuirassiers, puis se rabat soudaine-ment sur eux, les met en désordre, et les force à se retirer. Ce n’élaitpas assez toutefois de deux régiments de cavalerie légère pour tenirtête à trente escadrons de dragons et de cuirassiers. Nos chasseurs etnos hussards sont bientôt obligés de chercher un abri derrière notreinfanterie. Le maréchcl Ney porte alors en avant le bataillon de gre-nadiers et le bataillon de voltigeurs qu’il avait amenés, les forme endeux carrés, puis, se plaçant lui-même dans l’un des deux, lesoppose aux charges de la cavalerie prussienne. Il laisse approcher lescuirassiers ennemis jusqu à vingt pas de scs baïonnettes, et les terrifiepar 1 aspect d une infanterie immobile qui a réservé ses feux. A sonsignal, une décharge à bout portant couvre le terrain de morts et deblessés. Plusieurs fois assaillis, ces deux carrés demeurent iné-branlables.
Napoléon, sur la hauteur du Landgrafcnberg, avait été fort étonnéd’entendre recommencer le feu sans son ordre. Il avait appris avecplus d’étonnement encore cpic le maréchal Ney, qu’il supposait enarrière, était aux prises avec les Prussiens. Il accourt fort mécontent,et arrivé près de Vierzchen-IIciligen, aperçoit de la hauteur le maréchalNey qui se défendait, au milieu de deux faibles carrés, contre toute la